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La guerre au Moyen-Orient se répercute sur les prix à la pompe en France. «La hausse est de 5 à 15 centimes d’euro sur le SP95, et de 15 à 20 centimes sur le gazole», a précisé le ministre de l’Économie dans Le Parisien.
Passer la publicité Passer la publicitéDepuis le début de l’escalade au Moyen-Orient le week-end dernier, les cours du pétrole ont fortement augmenté sur les marchés internationaux. En France, cette hausse s’est déjà répercutée sur les prix des carburants, même si l’exécutif s’efforce de garder un ton rassurant. «Nous faisons face à un choc externe. Il faut garder notre sang-froid et rester agile, car la situation change tous les jours», explique le ministre de l’Économie Roland Lescure, dans une interview publiée dans Le Parisien ce vendredi.
Le conflit entre Israël et les États-Unis d’un côté et l’Iran de l’autre alimente toutefois un début de ruée dans certaines stations-service. Selon le gouvernement, la situation reste néanmoins comparable à la normale. «En temps normal, environ 3% des 11.000 stations font face à des déficits d’approvisionnement d’un des produits», rappelle le ministre, qui assure qu’il «n’y en a pas plus que d’habitude».
Pour l’heure, l’exécutif écarte tout risque immédiat de pénurie. «Je tiens à rassurer les automobilistes [...], nous n’avons pas de risque d’approvisionnement, ni en gaz, ni en essence... à court terme», insiste Roland Lescure. La France dispose notamment de stocks stratégiques d’or noir équivalant à trois mois de consommation.
Une hausse plus marquée pour le diesel
Reste que les prix à la pompe commencent à grimper et pour certains, à franchir le seuil symbolique des deux euros le litre. «Actuellement, si je compare à la semaine du 27 février, la hausse est de 5 à 15 centimes d’euro sur le SP95, et de 15 à 20 centimes sur le gazole», détaille le ministre, qui disait pourtant prévoir seulement «quelques centimes» d’augmentation en début de semaine. Une progression plus marquée pour le diesel, qui s’explique notamment par le coût du transport maritime : «Parce qu’on importe une plus grande quantité de gazole par rapport à l’essence sans plomb. Or, le coût du fret maritime a augmenté depuis le début de la crise.»
Au lendemain d’une réunion à Bercy avec les distributeurs de carburant destinée pour le gouvernement «s’assurer» qu’ils ne pratiquent pas de hausses exagérées des prix par rapport à celle des cours du pétrole, Roland Lescure répète qu’il les surveille de près. «Une part marginale des stations ont des prix beaucoup plus élevés. C’est pour cela que j’ai demandé des contrôles quotidiens», affirme Roland Lescure, faisant référence aux contrôles de prix en stations-service demandées à la Répression des fraudes (DGCCRF). Et de prévenir : «Si certaines profitent de la situation, elles doivent être ramenées dans le rang.» Le gouvernement n’exclut pas recourir au «name and shame», c’est-à-dire de rendre publics les noms des entreprises aux pratiques jugées abusives.
Au-delà des carburants, la crise pourrait également se répercuter sur le gaz. Interrogé sur une possible hausse de 5 à 10%, le ministre a répondu que c’était «l’ordre de grandeur». Mais l’effet sur les factures devrait rester limité à court terme, selon Roland Lescure, car la hausse des marchés ne se répercuterait qu’au printemps. «À ce stade, le choc est avant tout énergétique. Je n’en prévois pas sur les matières premières», anticipe le locataire de Bercy, alors que certains experts redoutent déjà un impact plus large sur les prix de l’alimentation à cause de la hausse des prix des intrants, produits à base de pétrole.


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