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Le conflit au Moyen-Orient préoccupe le monde agricole de la Mauricie et du Centre-du-Québec, qui craint des contrecoups sur le prix des carburants.
Jacques Cyrenne, un agriculteur de Bécancour, s'est empressé de faire remplir son réservoir de diesel dans les dernières heures, au cas où les prix s'emballent trop. Il a même devancé de quelques semaines ce plein.
Ce sont les événements qui m’ont incité à le faire, parce que d’habitude, ça va toujours vers la fin du mois d’avril, début mai, confie l’homme, assis derrière le volant d’un tracteur de sa ferme.
Au moment de la livraison, les conséquences de la guerre ne s'étaient pas encore répercutées sur le prix. Pour un peu plus de 785 litres de diesel, il a reçu une facture de près de 1600 $.
Il croit bien avoir fait preuve de prévoyance. D’après moi, oui, parce qu’on a vu des prix déjà plus [élevés] que ça dans le passé, dit-il.

Jacques Cyrenne a fait remplir son réservoir de diesel. Il a payé près de 1600 $ pour 785 litres. (Photo : 4 mars 2026)
Photo : Radio-Canada / Daniel Thibodeau
Suspension de la taxe carbone?
Le préfet de la MRC de Bécancour, Mario Lyonnais, lui-même exploitant agricole, regrette un peu de ne pas avoir fait sa commande de carburant il y a quelques jours pour ses tracteurs. Son réservoir est vide et il s'attend maintenant à devoir payer plus cher.
Il appelle Québec à suspendre l'imposition de sa taxe carbone sur le carburant, en guise de mesure d'atténuation.
On sait que la flambée du pétrole nous touche tous à la base, mais va toucher aussi tout à l’heure les gens dans l'assiette, à l'épicerie et partout dans le transport, explique Mario Lyonnais. On est la seule province qui a encore la taxe carbone, est-ce qu’on pourrait l’enlever temporairement, trois mois, six mois, le temps de la guerre, le temps, au moins, de stabiliser tout ça?
Regardons si on peut l'enlever pour donner un petit peu d'air à nos contribuables, à nos producteurs. Dans le fond, tout le monde va être gagnant en prenant [une pause de] la taxe carbone.
Un autre producteur agricole de Bécancour, Jean-Claude Parr, n’a de son côté pas l’intention de devancer le remplissage des citernes auxquelles s'abreuvent une flotte de 12 tracteurs et de 5 camions.
Je dis que la guerre va durer à peu près une couple de semaines, puis après, ça va se replacer, ils vont rebaisser le prix, croit-il. Je trouve qu’ils n’ont pas besoin de la guerre pour faire monter le prix.

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Le reportage de Louis Cloutier
Photo : Radio-Canada / Daniel Thibodeau
Des conséquences sur la relève agricole
Le président de la Relève agricole de la Mauricie, Raphaël Grenier-Damphousse, s’inquiète des effets de la hausse des prix du diesel, carburant essentiel à la machinerie agricole, sur les jeunes agriculteurs, d’autant plus que le prix des engrais pourrait aussi grimper en raison du conflit au Moyen-Orient.
On a l'impression depuis quelques années qu’on se fait souvent taper sur la tête par des mauvaises nouvelles qui sont hors de notre contrôle.
Celui qui est producteur de grains à Maskinongé soutient que certains producteurs luttent pour ne pas céder au découragement. On est très persévérant, c'est au moins ça, mais on voit quand même de l'essoufflement, dit-il.
Il craint un manque de relève dans les prochaines années.
D'après une entrevue à Fin PM


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