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Guerre au Moyen-Orient. Un accord entre les États-Unis et l'Iran est toujours possible ce lundi, selon Washington

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Cette fois-ci, c'est la bonne ? Donald Trump a tempéré dimanche les espoirs d'entente imminente pour mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient. Mais ce lundi, le secrétaire d'État américain Marco Rubio a affirmé que les États-Unis étaient toujours sur le point de conclure un accord avec l'Iran.

« Nous avons ce que je crois être une chose assez solide sur la table en ce qui concerne leur capacité à ouvrir le détroit » d'Ormuz, mais aussi « à entrer dans des négociations » sur le nucléaire iranien, a-t-il déclaré le secrétaire depuis New Delhi. « Nous pensions avoir des nouvelles hier soir, peut-être aujourd'hui (lundi), je ne m'avancerais pas trop là-dessus », a-t-il ajouté.

De son côté, l'Iran a mentionné ce lundi des progrès dans les négociations : « Il est exact de dire que nous sommes parvenus à une conclusion sur une grande partie des questions en discussion », a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï. « Mais de là à dire que la signature d'un accord est imminente, personne ne peut l'affirmer », a-t-il ajouté, accusant Washington d'être versatile.

La télévision pakistanaise a annoncé ce lundi que le chef de l'armée pakistanaise Asim Munir, médiateur principal dans le conflit entre les États-Unis et l'Iran, est en Chine aux côtés du premier ministre Shehbaz Sharif pour des rencontres avec des dirigeants chinois. La Chine a déclaré vouloir travailler avec le Pakistan afin de « contribuer de manière positive au rétablissement rapide de la paix et de la stabilité au Moyen-Orient ».

Les cours du pétrole refluent

Déclenché le 28 février par une attaque américano-israélienne sur l'Iran, le conflit s'est étendu à une grande partie du Moyen-Orient et a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban où le mouvement pro-iranien Hezbollah a rejoint les hostilités début mars en visant le territoire israélien. Un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril entre l'Iran et les États-Unis, mais l'économie mondiale continue d'être secouée par le quasi-blocage du stratégique détroit d'Ormuz à l'initiative de l'Iran depuis près de trois mois.

Alors que les États-Unis travaillent à trouver un accord, le président Donald Trump a tempéré les espoirs dimanche, malgré des signes de progrès des deux côtés. « J'ai demandé à mes représentants de ne pas se précipiter pour conclure un accord, car le temps joue en notre faveur », a-t-il écrit sur sa plateforme Truth Social, en prévenant aussi que le blocus imposé par son pays aux ports iraniens resterait en vigueur « jusqu'à ce qu'un accord soit conclu, certifié et signé ».

Donald Trump « ne signera pas un mauvais accord », a souligné Marco Rubio lundi. Selon les médias américains, celui en préparation permettrait aux navires de franchir à nouveau Ormuz, passage par lequel transitait un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde avant le conflit. Portés par ces espoirs d'accord, les cours du pétrole refluent ce lundi matin en Asie. Les prix des barils de Brent de la mer du Nord et de WTI américain chutaient de plus de 5% peu après 6h du matin (à Paris).

Marco Rubio ce lundi à l'aéroport de New Delhi, en Inde. Photo Sipa/AP/Julia Demaree Nikhinson

Marco Rubio ce lundi à l'aéroport de New Delhi, en Inde. Photo Sipa/AP/Julia Demaree Nikhinson

« 60 jours » avant de parler nucléaire

Selon CBS News, qui cite des sources proches des discussions, la dernière proposition comprendrait également le dégel de certains actifs iraniens dans des banques à l'étranger. « Malgré des discussions entamées aujourd'hui (dimanche), les États-Unis continuent de bloquer certaines clauses de l'accord, notamment la question du déblocage des avoirs iraniens gelés, et ces points restent à ce moment irrésolus », a cependant indiqué l'agence de presse Tasnim en fin de journée. Fars rapporte quant à elle que les sanctions visant le pétrole, le gaz et autres produits pétrochimiques seraient également levées le temps de la poursuite des négociations afin de permettre à l'Iran d'exporter ces productions, primordiales pour son économie.

L'accord discuté ne semble pas régler en revanche la question nucléaire. « 
Les négociations sur le nucléaire sont des questions hautement techniques. On ne peut pas régler une question nucléaire en 72 heures sur un coin de table », a déclaré Marco Rubio au New York Times. Une fois acquise la réouverture du détroit d'Ormuz, « nous entamerons, selon des modalités convenues, des négociations très sérieuses sur l'enrichissement, sur l'uranium hautement enrichi et sur leur engagement à ne jamais se doter d'armes nucléaires », a-t-il dit, évoquant à cet égard un délai de « 60 jours ».

Et le Liban dans tout ça ?

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a dit dimanche avoir convenu avec Donald Trump que tout accord final avec l'Iran devait « éliminer entièrement la menace nucléaire ». Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, médiateur dans ces négociations, a alimenté dimanche le scénario d'une résolution du conflit en plusieurs temps, en déclarant espérer « accueillir très prochainement la prochaine séance de négociations ». Une première s'était tenue à Islamabad le 11 avril, sans débouché.

Sur le front libanais, deux personnes ont été tuées dimanche par des frappes israéliennes, au lendemain d'un raid israélien qui a fait 11 morts, a annoncé le ministère de la Santé, malgré la trêve en cours depuis le 17 avril.
Et l'armée israélienne a annoncé ce lundi la mort d'un de ses soldats la veille dans le sud du Liban.

Benjamin Netanyahou  a affirmé dimanche que Donald Trump avait, lors de son appel téléphonique, réitéré « le droit » d'Israël à se défendre sur tous les fronts, notamment au Liban. Et selon le secrétaire d'État américain Marco Rubio, tout accord avec l'Iran garantira ce droit. Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a, lui, dit espérer que l'accord entre Washington et Téhéran inclurait son pays. Mais le dirigeant du mouvement chiite a aussi une nouvelle fois rejeté les négociations directes du gouvernement libanais avec Israël, dont une quatrième session est prévue début juin à Washington, et répété qu'un désarmement de son organisation, exigé par les autorités libanaises, concrétiserait un « projet israélien ».

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