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Le protocole, qui inclut le front libanais, a été signé tard mercredi soir, ont annoncé Donald Trump et Emmanuel Macron après un dîner à Versailles. Une cérémonie aura lieu ce vendredi en Suisse.
La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 13:21 | mis à jour aujourd'hui à 18:01 - Temps de lecture :
La fin espérée de trois mois de guerre. Les États-Unis et l'Iran ont signé à distance mercredi soir le protocole d’accord dans lequel Téhéran s’engage à diluer son uranium enrichi dans le cadre de futures négociations, en échange de la levée des sanctions de Washington. Les deux pays avaient convenus cette semaine d’un accord pour mettre fin au conflit déclenché le 28 février par les États-Unis et Israël contre la République islamique, qui a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban. Le protocole d’accord, qui inclut le front libanais, a été signé par Donald Trump lors d'une visite au château de Versailles. Et le texte a été signé par le président iranien Massoud Pezeshkian.
Cela signifie que le détroit d'Ormuz sera « instantanément » rouvert et que le blocus américain des ports iraniens prendra fin « immédiatement », a affirmé le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif. Il a par ailleurs confirmé qu’une cérémonie aura lieu vendredi en Suisse pour « commémorer cet événement marquant et donner le coup d’envoi des discussions techniques ». Une signature formelle par le vice-président américain J. D. Vance et le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, était initialement prévue en Suisse à la fin de la semaine.
L'Iran a réitéré son intention de faire payer les navires franchissant le détroit d'Ormuz, après une période de 60 jours sans frais prévue par le protocole d'accord avec les États-Unis, le temps de négocier un texte définitif. Le détroit « ne reviendra pas à la situation d'avant-guerre », a déclaré le négociateur en chef Mohammad Bagher Ghalibaf. « L'Iran a un droit de souveraineté sur Ormuz et, bien sûr, nous percevrons une redevance pour ces services », a-t-il ajouté.
Pour l'Iran, c'est une « victoire » contre les États-Unis
« Cet accord acte l’échec des États-Unis » face à l’Iran, a aussi déclaré Mohammad Bagher Ghalibaf. Le secrétaire général du Hezbollah chiite libanais pro-Téhéran, Naïm Kassem, a lui qualifié cet accord de « grande victoire » pour l’Iran, qu’il a remercié d’avoir insisté pour y inclure le front libanais. Donald Trump a réagi ce jeudi sur son réseau Truth Social : « Ces imbéciles, qui pensent que je n'ai pas été assez dur avec l'Iran, alors que la Bourse vient d'atteindre un RECORD HISTORIQUE et que les prix du pétrole sont en train de "chuter", sont soit jaloux, soit malhonnêtes, soit stupides ».
Naïm Kassem a appelé à « tirer profit » de cet accord pour « expulser Israël » du Liban. Le Liban a été entraîné dans le conflit lorsque le Hezbollah a tiré le 2 mars des roquettes contre Israël en soutien à l’Iran. Le chef du Hezbollah a également appelé le gouvernement libanais à arrêter les négociations directes avec Israël, engagées depuis avril sous l’égide de Washington. Le président libanais Joseph Aoun avait auparavant assuré que le processus était « indépendant » de l’accord américano-iranien.
Les membres du G7 et la Chine saluent une « opportunité historique »
L’Iran a publié mercredi le texte de l’accord, via l’agence de presse gouvernementale Irna. Les pays membres du G7, réunis en France pour un sommet, ont salué dans une déclaration commune « une opportunité historique d’empêcher l’Iran d’acquérir toute arme nucléaire et de s’attaquer aux menaces liées à ses activités régionales et balistiques ». La Chine a de son côté estimé « essentiel » que « toutes les parties » appliquent scrupuleusement cet accord et évitent les « ingérences » extérieures.
Que contient le protocole signé ?
Le texte du protocole d’accord prévoit que les États-Unis suspendent leurs sanctions sur la vente de pétrole iranien. Ils s’engagent également à lever l’ensemble de leurs sanctions contre Téhéran en cas de conclusion d’un accord définitif, au terme d’une période de négociations de 60 jours. Au cours de ces deux mois, les deux pays discuteront d’un mécanisme permettant de traiter les stocks iraniens « en recourant, au minimum, à une méthode de dilution sur place sous la supervision de l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique) ».
L’Iran devra permettre de son côté, dans un délai de 30 jours, le plein rétablissement de la circulation maritime dans le stratégique détroit d'Ormuz, dont le blocage persistant pèse sur l’économie mondiale. Les États-Unis s’engagent par ailleurs, en cas d’accord définitif, à faciliter « avec leurs partenaires régionaux », notamment du Golfe, le déblocage d’un fonds de 300 milliards de dollars pour la reconstruction et le développement économique de l’Iran, sans que cela implique une quelconque participation financière américaine.
Un méthanier français franchit le détroit d'Ormuz
Un premier navire de transport de gaz naturel liquéfié (GNL) battant pavillon français est ainsi sorti ce jeudi du Golfe en franchissant le détroit d'Ormuz. Depuis le début de la guerre le 28 février, seulement 15 navires de transport de GNL sont sortis du Golfe avec une cargaison. Selon les signaux AIS visibles sur MarineTraffic, le trafic dans le détroit d'Ormuz semble avoir accéléré ce jeudi, de nombreux navires semblant franchir ce passage stratégique dans un sens ou dans l'autre.


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