Les opposants au régime iranien ont défilé en ordre dispersé ce samedi à Paris. Les partisans du fils de l’ancien chah ne partagent pas les mêmes objectifs que les Moudjahidines du peuple.

Luc Chaillot - Aujourd'hui à 20:30 | mis à jour aujourd'hui à 20:35 - Temps de lecture :

Un millier d’Iraniens ont manifesté sur la place du Trocadéro à Paris pour défendre une opposition représentée par le Conseil national de la résistance iranienne, une instance dominée par les Moudjahidines du peuple.  Photo Sipa /Romuald Meigneux Un millier d’Iraniens ont manifesté sur la place du Trocadéro à Paris pour défendre une opposition représentée par le Conseil national de la résistance iranienne, une instance dominée par les Moudjahidines du peuple. Photo Sipa /Romuald Meigneux

L’opposition au régime de Téhéran est fragmentée, comme le montrent les deux manifestations concurrentes ce samedi à Paris. Les Iraniens de la diaspora qui manifestent espèrent tous le renversement des mollahs mais ils sont très divisés sur les moyens d’y parvenir et sur la nature du régime qui pourrait prendre la suite.

Les partisans de Reza Pahlavi, le fils du dernier chah, sont de plus en plus nombreux. « C’est le seul leader de l’opposition qui peut diriger le pays au moins pendant la transition. Après, c’est le peuple qui décidera s’il veut une monarchie ou une république », estime Flore, une Iranienne de 65 ans qui défilait avec quelques centaines de personnes brandissant des portraits de Reza Pahlavi et l’ancien drapeau de l’Iran à l’époque de la monarchie.

Les drapeaux des États-Unis et d’Israël sont aussi présents dans le cortège en signe de soutien aux deux pays qui ont créé un immense espoir en tuant le Guide suprême iranien Ali Khamenei. « C’est la fin de 47 ans de cauchemar. On ira jusqu’au bout, même si Donald Trump finit par nous lâcher. Reza Pahlavi est la seule alternative crédible », lance Mitra, une Iranienne de 63 ans. 

Les partisans de Reza Pahlavi, le fils du dernier chah, sont de plus en plus nombreux. Photo Ebra/L.C

Les partisans de Reza Pahlavi, le fils du dernier chah, sont de plus en plus nombreux. Photo Ebra/L.C

« Mon ami d’enfance a été tué par le régime »

Saeid n’est pas monarchiste mais il compte sur le fils de l’ancien chah pour la transition. « Je suis pour une république laïque et démocratique », explique cet ingénieur de 36 ans qui a perdu un ami d’enfance pendant la répression sanglante des manifestations pacifiques de janvier dernier. « Il a été tué de trois balles par les forces du régime alors qu’il défilait à Téhéran. Il n’avait que 29 ans et il était ingénieur. C’est mon frère qui vit en Iran qui a lavé son corps ». Le gouvernement iranien est accusé d’avoir fait plus de 30 000 morts en tirant sur les manifestants.

De l’autre côté de la Seine, un millier d’Iraniens défilent en scandant « Ni chah, ni mollahs » et en brandissant le portrait de Maryam Radjavi, la présidente du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI). Cette instance dominée par les Moudjahidines du peuple vient d’installer un gouvernement provisoire. « Les bombardements ne permettront pas un changement de régime car il faudrait des troupes au sol. Le destin du pays ne peut s’écrire que par les Iraniens eux-mêmes. Les unités de résistance du CNRI sont la seule opposition structurée en Iran », affirme Behzad Naziri, membre de la commission des affaires étrangères du CNRI.

Les Moudjahidines du peuple qui ont été retirés de la liste des organisations terroristes de l’Union européenne en 2009 ont revendiqué une attaque en plein Téhéran qui a failli coûter la vie à Ali Khamenei le 23 février dernier, cinq jours avant sa mort sous les bombes israéliennes.

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