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La guerre dans le Golfe persique bouleverse la programmation des voyagistes. Les Entreprises du Voyage (EDV) et le Syndicat des entreprises du tour-operating (Seto) préconisent la suspension des départs vers neuf destinations jusqu’au 31 mars.
Alors que la crise au Moyen‑Orient rebat les cartes du transport aérien et que les vols reprennent par paliers, la filière française du voyage durcit ses recommandations. Dans une note commune datée de ce mercredi 11 mars, les Entreprises du Voyage (EDV) et le Syndicat des entreprises du tour‑operating (SETO) préconisent la suspension des départs vers neuf pays du Golfe persique jusqu’au 31 mars, «dans l’attente d’une meilleure visibilité sur la situation à destination».
Une échéance courte qui relève, selon Patrice Caradec, président du SETO, d’un alignement sur les politiques des compagnies aériennes. «La date du 31 mars est conditionnée par les souplesses commerciales qu’offrent les compagnies aériennes», explique-t-il, refusant de se projeter trop loin dans un environnement mouvant : «il faut procéder étape par étape», insiste-t-il.
Une date butoir calée sur les compagnies aériennes
Les recommandations - établies en lien étroit avec le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères - s’appliquent pour les clients en départ jusqu’au 31 mars vers l’Arabie saoudite, Bahreïn, les Émirats arabes unis, l’Irak, Israël, la Jordanie, le Liban, Oman et le Qatar.
La gestion des dossiers s’organise au niveau des agences et des tour‑opérateurs. Guillaume Beurdeley, secrétaire général adjoint des EDV, insiste sur le rôle central de ces recommandations pour la profession. La note diffusée en interne fixe un cadre, mais «la boussole pour les voyageurs, va vraiment être l’agence ou le tour‑opérateur à qui ils ont fait appel, avec des dossiers qui sont traités dans l’ordre, au fur et à mesure, et de manière précise, avec un suivi régulier, qui est évolutif selon les recommandations du Quai d’Orsay, qu’on regarde de près et avec qui on échange régulièrement», affirme‑t‑il.
Effet domino pour l’Egypte et la Turquie
Ni le SETO ni les EDV ne disposent aujourd’hui d’un recensement précis du nombre de dossiers concernés. En revanche, les signaux du terrain convergent : l’impact dépasse largement le périmètre des neuf pays visés. «On voit un effet domino sur des destinations comme la Turquie et l’Égypte», observe Patrice Caradec. L’Égypte, qui enchaînait les progressions à deux chiffres depuis plusieurs trimestres, enregistre un coup de frein. Les clients déjà inscrits maintiennent leurs départs, mais les ventes se sont pratiquement figées.
Pour la profession, la ligne de conduite est claire : privilégier le report plutôt que l’annulation. «L’idée, ce n’est pas de dire on annule tout, on va rembourser, mais de reporter ces voyages à une date ultérieure», résume le président du SETO, les flexibilités offertes par les compagnies aériennes servant de socle à cette stratégie.
Même mécanique chez Comptoir des Voyages : «On est impactés, mais c’est une crise comme on en gère régulièrement dans le tourisme», explique l’agence. Si aucun chiffrage de l’impact n’a encore été réalisé, sur le terrain, les équipes multiplient les solutions : «Nous gérons chaque situation au cas par cas : reports de voyage, annulations à la demande du client, changements de vols ou de destinations. On s’adapte à ce que souhaite le client et à ce que les conditions permettent, en reprogrammant chaque dossier au fur et à mesure».
Hubs du Golfe sous surveillance
Au-delà des pays concernés, la note vise aussi les nombreux vols en transit via les hubs du Golfe vers l’Asie ou l’océan Indien : «Ce sont des hubs très importants pour rejoindre l’Asie du Sud‑Est, et la ligne via Dubaï représente une part de marché significative pour les Français», souligne Patrice Caradec. Pour les clients en correspondance sur un aéroport de la zone, les deux organisations recommandent «de n’envisager les départs qu’avec une extrême vigilance et uniquement après confirmation de l’opérabilité des vols, en particulier des vols de continuation». La situation restant instable, «une appréciation au cas par cas reste indispensable»
«On assiste aujourd’hui à une reprise des vols assez importante», note Guillaume Beurdeley, citant Emirates qui a «repris 80% de ses vols par rapport à avant le conflit», tout en insistant sur un «pilotage fin» pour s’assurer que le client part dans de bonnes conditions.
Un marché à -15 %, mais des destinations qui surperforment
Le marché ne s’effondre pas pour autant. Si certaines destinations sont «à l’arrêt complet» et d’autres à «moins 50 %», «globalement, on est plutôt entre -10 % et -15 % de ventes par rapport à l’année dernière», indique Patrice Caradec. Une résistance qui tient à la surperformance d’autres zones : «les Français veulent partir en vacances», rappelle‑t‑il. L’Europe du Sud, les Caraïbes, le Canada ou encore l’Atlantique avec le Cap-Vert compensent les faiblesses du Moyen-Orient, avec des niveaux de demande en hausse.
Certaines destinations profitent même de la crise pour repenser leur schéma aérien : l’île Maurice renforce ses vols directs depuis la France et l’Europe, réduisant sa dépendance aux lignes via le Golfe, tandis qu’Air Seychelles envisage de relancer une liaison directe avec la France. «Les tour-opérateurs savent gérer les crises et ont plusieurs cordes à leur arc», conclut Patrice Caradec, misant sur l’agilité du secteur pour traverser, une fois de plus, la tempête.
En vidéo - Le conflit iranien perturbe l’ensemble de l’économie touristique mondiale


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