Des attaques sur les infrastructures énergétiques du Moyen-Orient jeudi ont fait s'envoler le cours du baril de Brent, qui a ensuite des répercussions sur le prix du carburant. Si le cours est monté à un niveau jamais vu depuis 2022, il pourrait dépasser les montants observés à cette époque marquée par une crise énergétique au début de la guerre en Ukraine.
L'envolée du prix à la pompe est l'une des nombreuses conséquences de la guerre au Moyen-Orient. Depuis le début du conflit entre l'alliance États-Unis-Israël et l'Iran, le cours du baril de Brent, qui sert de référence au niveau mondial, a tendance à augmenter.
Un coup d'accélérateur a été donné ce jeudi, avec les attaques sur plusieurs infrastructures énergétiques de la région. L'inquiétude des marchés a fait bondir de 10% ce cours à un peu moins de 115 dollars ce jeudi matin, heure de Paris. Il se rapproche des niveaux observés en 2022, au déclenchement de la guerre entre l'Ukraine et la Russie, comme le montre le graphique interactif ci-dessous.
La barre des 120 dollars probablement dépassée en cas de nouvelles attaques
Si l'Iran s'en prenait à cinq installations en Arabie saoudite, aux Emirats arabes unis et au Qatar, cela "ferait probablement augmenter les prix du pétrole d'au moins 10 dollars supplémentaires et perturberait fortement l'approvisionnement", affirme Aditya Saraswat, analyste chez Rystad Energy, qui anticipe un prix du baril qui "dépasserait probablement 120 dollars dans l'immédiat, avec un potentiel de hausse supplémentaire selon la gravité des dommages subis".
"120 dollars, ce n'est pas cher" compte tenu de la situation, commente Thierry Bros, professeur à Science Po et spécialiste des questions énergétiques. "C'est la plus grave crise pétrolière que nous ayons connue. Si ça dure longtemps, et qu'il n'y a pas d'antidote, on va vers des prix entre 150 et 200 dollars le baril", explique-t-il auprès d'Europe 1, soulignant que cela dépendait aussi de la durée du blocage du détroit d'Ormuz.
Le précédent pic remarquable s'était établi à 148 dollars en 2008, en pleine croissance des pays émergents asiatiques. "Il y a le sentiment que la crise est en train de s'installer, et que la hausse des prix ne sera pas un phénomène de courte durée", embraye également la plateforme spécialisée EnergyScan.
Vers un prix de 3 euros par litre de carburant ?
Résultat, les répercussions sur le prix des carburants distribués en France ne se font pas attendre. Selon un graphique dressé par la plateforme Roole, ces prix repartent à la hausse depuis le 1er janvier dernier. En moyenne, le litre de gazole s'achète à 2,07 euros le litre, d'après des observations réalisées mardi.
"On ne voit pas encore d'impact sur la demande, donc les prix vont devoir encore augmenter", souligne Thierry Bros, estimant que ce prix à la pompe pourrait théoriquement dépasser la barre des 3 euros en cas de baril de pétrole au-dessus des 150 dollars.


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