Le gouvernement peine à répondre à la flambée des prix à la pompe qui grimpent au fur et à mesure que la guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février, se prolonge.

La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 07:46 | mis à jour aujourd'hui à 08:57 - Temps de lecture :

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Les carburants seront le gros morceau d'une réunion du gouvernement ce mercredi matin autour de Sébastien Lecornu, qui avait entamé une séquence davantage régalienne avant d'être rattrapé par l'envolée des prix de l'essence contre laquelle la colère gronde, sur fond de pré-campagne présidentielle.

« Aucun risque » de pénurie 

En l'absence d'un Conseil des ministres pour cause de déplacement du président Emmanuel Macron au Japon, la réunion gouvernementale à Matignon à 10h30 en aura le parfum. Comme à l'Elysée, Maud Bregeon, porte-parole et ministre déléguée à l'Energie, fera un compte-rendu de ce rendez-vous, auquel une trentaine de ministres sont conviés.

En amont, invitée sur TF1, Maud Bregeon a affirmé ce mercredi matin qu'il n'existait « aucun risque de rupture d'approvisionnement » dans les stations-service.

Des « surplus » ?

Avant cette réunion, le chef du gouvernement a donné « instruction » à ses ministres d'identifier les actions prioritaires pour électrifier l'économie et moins dépendre des hydrocarbures importés, en suggérant de les financer par les « surplus » des recettes fiscales générées par la hausse des prix des carburants.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu. Photo Sipa/Stéphane Lemouton

Le Premier ministre Sébastien Lecornu. Photo Sipa/Stéphane Lemouton

Le ministre de l'Economie Roland Lescure est ainsi chargé de mettre en place, dans les prochaines semaines, une offre de location de véhicules électriques « dédiée à certaines professions » qui utilisent beaucoup leur voiture pour aller travailler, comme les infirmiers libéraux ou les aides-soignants.

Outre les carburants et leurs « impacts économiques », les ministres discuteront aussi du déficit public, du calendrier parlementaire, et de mesures de simplification visant notamment à rendre l'Etat plus efficace. Le gouvernement peine à répondre à la flambée des prix à la pompe qui grimpent au fur et à mesure que la guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février, se prolonge.

Gazole, record absolu 

Le prix du litre de gazole a atteint un record absolu depuis 1985 en moyenne hebdomadaire la semaine dernière, dépassant les plus hauts enregistrés après l'invasion de l'Ukraine par la Russie il y a quatre ans, selon des chiffres publiés par le gouvernement.

Contraint à la discipline budgétaire pour maintenir le déficit à 5% du Produit intérieur brut cette année, l'exécutif refuse de baisser les taxes sur les carburants, une mesure réclamée par le Rassemblement national jugée trop onéreuse. Il écarte aussi le blocage des prix, demandé par La France insoumise, qui risque de générer une « pénurie », même si certains pays voisins ont annoncé des décisions dans ce sens.

Afin de pallier les difficultés de trésorerie des secteurs les plus touchés - pêche, agriculture, transports -, le gouvernement a concédé des aides « ciblées », éventuellement reconductibles, représentant au total près de 70 millions d'euros mensuels.

Sans pour autant calmer les transporteurs, décidés à se mobiliser toute la semaine, ni les agriculteurs dont le premier syndicat, la FNSEA, a été reçu lundi par Sébastien Lecornu, qui a promis de nouvelles aides si le conflit s'éternisait.

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