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Guerre au Moyen-Orient : ce que révèlent les tirs ratés de l’Iran vers la base de Diego Garcia

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DÉCRYPTAGE - La tentative de frappe iranienne contre la base stratégique américano-britannique de Diego Garcia, à plus de 4000 kilomètres de ses côtes, met en lumière les capacités de projection de Téhéran, mais aussi ses limites.

L’Iran a tenté de frapper «sans succès» vendredi la base américano-britannique de Diego Garcia, située en plein milieu de l’océan Indien, à 4000 kilomètres de son territoire, a confirmé une source officielle britannique samedi à l’AFP. Selon elle, cette tentative infructueuse a eu lieu avant que le gouvernement britannique annonce vendredi soir que les États-Unis étaient autorisés à utiliser certaines de ses bases pour frapper des sites iraniens servant à attaquer des navires dans le détroit d’Ormuz, dans le cadre d’«opérations défensives» déjà annoncées.

Le Wall Street Journal avait rapporté, citant plusieurs responsables américains, que l’Iran avait tiré deux missiles balistiques vers Diego Garcia, mais qu’aucun des deux n’a touché sa cible, l’un ayant connu une défaillance en vol, et l’autre ayant été intercepté par un missile tiré par un navire de guerre américain. Sollicité par l’AFP, le Pentagone s’était refusé à tout commentaire.

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Une capacité de frappe longue distance bien réelle

À plus de 4000 kilomètres de ses côtes, Diego Garcia est une cible extrêmement éloignée. Située sur un atoll isolé de l’archipel des Chagos, au cœur de l’océan Indien, à mi-chemin entre l’Afrique et l’Indonésie, cette base est l’une des deux bases britanniques que les États-Unis ont eu l’autorisation d’utiliser pour des «opérations défensives spécifiques contre l’Iran», avec celle de Fairford dans le sud-ouest de l’Angleterre.

Le simple fait que l’Iran ait tenté de l’atteindre confirme qu’il dispose de missiles balistiques capables de frapper bien au-delà de son environnement régional. Autrement dit : Téhéran peut viser des bases occidentales jusque dans des zones très reculées, loin du Moyen-Orient. Ce n’est pas une découverte pour les experts, mais une démonstration concrète.

Selon Tom Sharpe, ancien commandant de la Royal Navy et expert au Royal United Services Institute (RUSI) à Londres, Téhéran a «toujours eu des missiles de cette portée, dont nous avions connaissance» même si leur existence n’était pas officielle.

Le Royaume-Uni a confirmé vendredi que les Américains pouvaient en faire usage pour également frapper des sites iraniens visant le détroit d’Ormuz, une décision que Londres aurait dû prendre «beaucoup plus rapidement», a fustigé Donald Trump.

Des moyens mobiles difficiles à détecter

Cette tentative infructueuse met en lumière un atout clé de l’arsenal iranien : la mobilité de ses lanceurs. Les Iraniens sont «toujours capables de déplacer des lanceurs mobiles sans être repérés, de les mettre en position et de tirer sans être touchés», sans toutefois «changer la donne» de la guerre, a estimé Tom Sharpe auprès de l’AFP.

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Une capacité qui rend ces systèmes particulièrement difficiles à détecter et à neutraliser en amont.

Des limites techniques persistantes

L’épisode met aussi en lumière les fragilités du dispositif iranien. Selon des responsables américains cités par le Wall Street Journal, deux missiles balistiques ont été tirés vers Diego Garcia : l’un a connu une défaillance en vol, l’autre a été intercepté par un missile tiré depuis un navire de guerre américain.

Ces deux échecs successifs interrogent la fiabilité des systèmes iraniens à longue portée, ainsi que leur capacité à déjouer les défenses antimissiles occidentales.

Une montée de tension politique assumée

Le ministère britannique de la Défense a condamné «les attaques irresponsables de l’Iran», qui «constituent une menace pour les intérêts britanniques et les alliés de la Grande-Bretagne».

De son côté, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a accusé le Premier ministre Keir Starmer de mettre «des vies britanniques en danger en autorisant l’utilisation» de ces bases, ajoutant que l’Iran «exercerait son droit à la légitime défense».

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La base de Diego Garcia est stratégique pour les États-Unis, qui y stationnent des sous-marins nucléaires, bombardiers et destroyers.

Le Royaume-Uni a signé en 2025 un accord pour rétrocéder l’archipel des Chagos à l’île Maurice, tout en conservant un bail de 99 ans sur Diego Garcia afin de maintenir la base.

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