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Les fluctuations du prix du pétrole ont un impact direct sur le coût du kérosène, qui représente l’un des principaux postes de dépenses des compagnies aériennes.
Delphine Bancaud - Aujourd'hui à 07:10 - Temps de lecture :
Le tourisme est touché de plein fouet par la guerre au Moyen-Orient et ce n’est peut-être qu’un début. Les compagnies aériennes s’inquiètent notamment de la montée du cours mondial du carburant d'aviation, qui a atteint mercredi près de 168 dollars le baril, selon l’indice de référence Platts. Une légère décrue par rapport à lundi (173,91 dollars), mais toujours le double des niveaux du 2 janvier et un emballement supérieur à celui du brut. Si les cours élevés persistent, les transporteurs aériens, souvent encore endettés et aux marges serrées, n’auront pas d’autre choix que de répercuter ces hausses sur leurs clients. « Cela pourrait représenter une majoration de 30 euros pour un billet sur un moyen-courrier et de 50 euros pour un long courrier. Des hausses qui pourraient intervenir rapidement, dans les jours prochains », indique Jean-Pierre Mas, médiateur du tourisme et du voyage.
La compagnie aérienne scandinave SAS a été l’une des premières à annoncer mardi une hausse « temporaire » de ses prix pour intégrer le renchérissement du kérosène. Lui emboîtant le pas, des compagnies aériennes en Asie-Pacifique, dont Qantas, Air India, Cathay Pacific, Air Caraïbes et French Bee ont annoncé aussi qu’elles allaient relever leurs prix.
Le cours mondial moyen du carburant d’aviation a atteint lundi 173,91 dollars le baril. Photo SIPA /SIPA/SYSPEO
Certaines compagnies mieux protégées ?
Cependant, la violence du choc devrait être moindre pour les compagnies ayant opté pour une stratégie de « couverture », c’est-à-dire l’achat de carburant à prix fixe, plusieurs mois à l’avance. Début mars, Lufthansa avait ainsi assuré être couvert à hauteur de plus de 80 % des besoins annuels. La première compagnie européenne Ryanair s’est dite aussi particulièrement protégée. Air France-KLM a aussi annoncé en février avoir renforcé cette politique, en sécurisant 70 % de ses approvisionnements pour le trimestre en cours et le prochain, et 60 % pour le suivant, le taux décroissant ensuite avec une visibilité à sept trimestres. « Mais cela n’empêchera pas ces compagnies d’augmenter à un moment le prix des billets puisque le pétrole qu’elles achètent maintenant pour l’an prochain est plus cher », prédit Jean-Pierre Mas.
La preuve : Air France et KLM ont déclaré jeudi avoir augmenté leurs tarifs sur les trajets long-courriers. Plus précisément, « en classe économique, les tarifs augmenteront de 50 euros aller-retour ». En revanche, Transavia, la compagnie aérienne low-cost du groupe Air France-KLM, n’a pas encore pris la décision : « Ce conflit a déjà un impact négatif sur la volonté des gens à voyager. Si vous augmentez le prix des billets, cela va être un (nouvel) effet négatif », a déclaré début de semaine son PDG, Olivier Mazzucchelli.
Dans ce contexte, beaucoup de voyageurs devraient jouer la montre, selon Leslie Rival, secrétaire générale de l’Alliance France Tourisme : « Il est probable qu’il y ait un peu plus d’attentisme et que les voyageurs retardent le moment où ils vont réserver ». Un phénomène déjà vu pendant le Covid-19.


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