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Groenland: comment un simple exercice militaire a déclenché la colère de Donald Trump

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Qui aurait pu prévoir que l'arrivée de quelques dizaines de soldats européens pour un exercice militaire au Groenland allait attirer les foudres du président américain Donald Trump? Le locataire de la Maison-Blanche a menacé d'appliquer, à compter du 1er février, des droits de douane punitifs supplémentaires de 10% aux pays ayant dépêché des militaires dans l'Arctique –une surtaxe qui pourrait encore grimper jusqu'à ce que les États-Unis obtiennent l'acquisition du Groenland, selon ses dires. Le Danemark a rétorqué que ce territoire n'est pas à vendre.

La réaction houleuse de Washington face au déploiement des troupes a aussitôt déclenché un malaise dans les capitales européennes. Ce geste, destiné à réaffirmer la volonté de l'Europe de contribuer davantage à la sécurité de l'Arctique, a-t-il été interprété, à tort, comme une démonstration de défiance envers la première puissance mondiale?

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Au total, un soldat britannique, deux Finlandais, quinze Français, treize Allemands et un Norvégien se sont joints, dès le 15 janvier, à l'exercice Arctic Endurance –une mission de reconnaissance militaire pour la sécurité de l'Arctique, censée préparer un éventuel déploiement plus conséquent des alliés de l'OTAN. Dans les rangs politiques européens, les critiques vont bon train.

«Le message venant de l'Europe n'était pas clair, pas plus que la justification», assène la Première ministre italienne Giorgia Meloni, qui se considère comme une alliée de Donald Trump. Son gouvernement n'a d'ailleurs pas envoyé de troupes au Groenland. «Le risque est que les initiatives de certains pays européens aient pu être interprétées comme anti-américaines», poursuit-elle.

Un «malentendu»

Le président finlandais Alexander Stubb parle, lui, d'un «malentendu», évoquant le déploiement d'officiers de liaison pour «étudier» les options d'une mission d'entraînement dans l'Arctique.

En privé, certains diplomates européens jugent l'envoi de militaires –dont beaucoup sont déjà revenus du Groenland– un brin provocateur. «Se précipiter avec des troupes n'était peut-être pas la meilleure idée pour essayer de maintenir le calme», confie l'un d'eux dans les colonnes du Financial Times. «Il est facile de comprendre comment Trump pourrait mal interpréter cette intention Un autre renchérit: «Le message semblait un peu trop subtil. Nous avons compris que l'intention était de montrer que nous nous occupions de la sécurité de l'Arctique. Mais nous craignons que le président américain ne voie cela comme une défense contre lui.»

Pour les responsables danois, en revanche, ce déploiement n'a rien d'inattendu. Il intervient après des mois de diplomatie infructueuse avec Washington et le refus des autorités américaines de donner des garanties claires au sujet de leurs intentions envers le Groenland. Et si ces démonstrations de force étaient le seul langage que comprend le président américain?

Pour Troels Lund Poulsen, ministre danois de la Défense, la stratégie est «claire»: assumer une plus grande responsabilité en matière de sécurité au Groenland et dans ses environs, face aux visées expansionnistes du président américain. «Le fait que nous menions cet exercice a été communiqué de manière assez ouverte, donc cela n'a surpris personne, pas même l'administration américaine.»

Face au risque d'une prise de contrôle forcée du territoire d'un allié, l'Europe doit manifester sa solidarité, estime l'ancien général de l'armée britannique Richard Barrons. «Ce qui va se passer ensuite au Groenland ne concerne pas vraiment les droits de douane, mais l'avenir de l'OTAN», affirme-t-il. Si l'envoi de renforts en Arctique divisait déjà au sein des Vingt-Sept, c'est désormais la réponse américaine qui inquiète: la menace des droits de douane suffira-t-elle à déstabiliser le soutien européen au Danemark –et à fissurer un peu plus la relation transatlantique?

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