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Une photo, quelques captures d’écran, et la grève universitaire serait déjà finie. Voilà ce qui circule depuis quelques heures sur les réseaux sociaux, autour d’un échange entre le Pr Jean-Calvin Aba’a Oyono et le ministre d’État Jacques Fame Ndongo. Le SYNES a tranché par communiqué: cette lecture est fausse et trompeuse. Les enseignants du supérieur ne lâchent rien.
Une rencontre, deux lectures
Tout part d’images de la rencontre entre le Pr Aba’a Oyono et le ministre de l’Enseignement supérieur. Sorties de leur contexte, elles ont été présentées comme la preuve d’un apaisement, voire d’un accord. La Secrétaire générale du syndicat, la Pr Jeannette Wogaing Fotso, répond que les vidéos de l’échange montrent exactement l’inverse.
Selon le SYNES, le Pr Aba’a Oyono est resté ferme sur les revendications. Il a même exposé de nouveau, devant le ministre d’État, les conditions difficiles dans lesquelles travaillent les enseignants. Pas de désamorçage, donc. Un rappel.
Le syndicat ne ferme pas la porte pour autant. Il salue les démarches du ministre et son ouverture au dialogue. Mais le consensus, précise-t-il, ne tiendra que s’il repose sur des actes concrets et des réponses claires.
Autre détail qui compte: un principe a été adopté dans le mouvement. Chaque enseignant expliquera brièvement à ses étudiants pourquoi il ne dispense pas son cours. L’idée est simple, éviter que les étudiants restent seuls face aux rumeurs.
La guerre des images, un front de plus
On a quand même du mal à croire que ce genre de montage soit totalement innocent.
Une photo de poignée de main, un sourire attrapé au bon moment, et la machine à rumeurs fait le reste. Dans une grève qui dépend en grande partie de la mobilisation des enseignants et de la compréhension des étudiants, convaincre l’opinion que tout est réglé est une arme redoutable. Difficile de ne pas y voir une tentative d’étouffer le mouvement par l’image.
Mais le SYNES ne se contente pas de démentir. Il remercie les médias qui relaient « le contenu réel des échanges plutôt que des interprétations sensationnalistes ». Le message vise aussi les rédactions, et il est reçu.
Reste le fond. Les revendications sont décrites comme précises, mais le communiqué n’en détaille aucune, et le ministère n’a pas encore réagi publiquement à ce démenti. Rien ne dit à ce stade quand les cours reprendront dans les universités d’État.
La balle est dans le camp du gouvernement. Si les actes ne suivent pas les promesses de dialogue, les amphithéâtres resteront vides, et aucune capture d’écran n’y changera rien.
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Alain-Claude Ndom
Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.


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