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La grève des ambulanciers paramédicaux qui perdure pourrait avoir un impact sur la diplomation de près de 70 finissants du Cégep de Sainte-Foy si les parties ne parviennent pas à s'entendre d'ici deux à trois semaines, craignent des étudiants de l’établissement collégial. La supervision des stages fait partie des moyens de pression autorisés par le Tribunal administratif du travail l'été dernier.
S’il juge d’entrée de jeu la grève comme un moyen de pression correct, Charles-Olivier Brunet, étudiant de dernière année en soins préhospitaliers d’urgence au Cégep de Sainte-Foy, fait valoir que la situation actuelle l’empêche d’avoir une formation complète et adaptée à la réalité.

Charles-Olivier Brunet est étudiant en soins préhospitaliers d’urgence au Cégep de Sainte-Foy.
Photo : Radio-Canada
Les stages sont une partie intégrante de la formation, c’est ce qui permet d’avoir un vrai contact patient, de parler avec des témoins, de voir la réalité, de soigner la société pour vrai, ajoute-t-il. Ne pas avoir accès à ça, c’est une grande partie de la formation [de trois ans à laquelle] on ne peut pas avoir accès.
Tous les cégeps ont décidé que, à cause de ça, on ne peut pas graduer.
Par écrit, le service des communications du Cégep de Sainte-Foy confirme que près de 70 étudiantes et étudiants finissants sont susceptibles de voir leur diplomation retardée si la situation perdure.
Cette diplomation doit normalement avoir lieu entre le début et la mi-mai.
Consciente des préoccupations que cela suscite, la Direction des études rencontre actuellement l’ensemble des cohortes afin de leur expliquer les conséquences de la grève sur leur cheminement scolaire et de répondre à leurs questions, poursuit la missive.
Situation inconfortable
Ça crée énormément d’anxiété, signale Grégory Dubé, lui aussi étudiant en soins préhospitaliers d’urgence au Cégep de Sainte-Foy. Les étudiants en sixième session [et même] les étudiants en deuxième et quatrième session se sentent angoissés de la situation.

Grégory Dubé est étudiant en soins préhospitaliers d’urgence au Cégep de Sainte-Foy.
Photo : Radio-Canada
Plus [le conflit] tarde à se régler, plus il y a un coussin d’étudiants qui va devoir faire des stages en même temps, plus ça va créer une espèce de rétention de milieux de stage.
Aussi, ça a un impact autant financier que social, ajoute Charles-Olivier Brunet. Veux, veux pas, il y en a qui partent de certaines régions et qui viennent à Québec ou dans d’autres régions pour étudier. Là, il faut qu’ils se trouvent un nouveau bail. [...] Là, la période de pause entre le retour des stages et la fin de l’école… qu’est-ce qu’on va faire?
Le Campus Notre-Dame-de-Foy (CNDF), autre établissement offrant la formation en soins préhospitaliers d'urgence à Québec, est également touché. Ne souhaitant pas commenter la situation ou intervenir dans le processus en cours, le CNDF a indiqué par écrit suivre l’évolution du dossier avec attention.
Le Cégep Beauce-Appalaches, qui offre depuis peu cette formation, ne serait pas touché puisque les étudiants n'en sont qu'à leur première année.
Au total, plus de 400 étudiants en soins préhospitaliers d'urgence à travers la province, notamment au Saguenay–Lac-Saint-Jean et en Abitibi-Témiscamingue, seront affectés.

Des étudiants en soins préhospitaliers d'urgence du Collège Ellis, à Drummondville. (Photo d'archives)
Photo : Éric Carbonneau
On souhaite que le conflit de travail se règle, souffle Charles-Olivier Brunet. On ne veut pas forcer le retour en stage. On veut que les paramédics puissent avoir des conditions parce que, veux, veux pas, c’est nos conditions [de travail], l’année prochaine, qu’ils sont en train de négocier.
Si on force la main, c’est nous qui sommes perdants, un petit peu, au final, tranche Grégory Dubé. On ne sait plus trop où se mettre, mais on veut quand même appuyer nos futurs collègues.
On n’est pas prêts à lâcher la pression
On a une grève qui est assujettie aux services essentiels, explique Frédéric Maheux, président de l'Association des travailleurs du préhospitalier (ATPH), qui couvre les régions de la Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches.
Or, l’accueil de stagiaires ne s’inscrit pas dans les services essentiels garantis pendant la grève des paramédicaux.

Frédéric Maheux est le président de l’Association des travailleurs du préhospitalier. (Photo d'archives).
Photo : Radio-Canada
M. Maheux rappelle que ça fait environ sept mois qu’on est en grève. Toutefois, le conflit s'est élargi à la majorité des ambulanciers en décembre.
Il n’y avait pas de presse du gouvernement cet été [et cet automne], ajoute M. Maheux. Là, on sent vraiment un besoin des ministères de l’Éducation et de la Santé pour régler, parce qu’ils veulent que les étudiants puissent terminer leurs stages et entrer sur le terrain.
Nous, on n’est pas prêts à lâcher la pression, dit-il. Vous comprendrez qu'entre 50 séances de négociation, pratiquement très peu d'avancées ont été faites. On doit continuer à se battre parce que c’est l’avenir de la profession.
La question des salaires est au cœur des négociations avec le gouvernement. Selon M. Maheux, une nouvelle offre devrait être soumise par le gouvernement dans les prochains jours.
Inquiétude
D'une même voix, et par le truchement d’un porte-parole de l’entreprise ambulancière Dessercom, la Corporation des services d’ambulance du Québec, l’Association des propriétaires d'ambulances régionaux et la Coalition des entreprises de services paramédicaux du Québec se sont dites vivement préoccupées par l'ensemble des moyens de pression exercés par les différents syndicats.
En ce qui concerne le refus d'accompagner les stagiaires, nous évaluons actuellement toutes les solutions à notre disposition en collaboration avec nos entreprises membres, peut-on lire dans la déclaration. Dans le contexte actuel, ce mot d'ordre risque de fragiliser davantage la relève dont le réseau a grandement besoin.
Pour le CIUSSS de la Capitale-Nationale, sur le plan des opérations strictement parlant, l'absence de stagiaires n'a pas vraiment d'impact sur les services préhospitaliers d'urgence dans la Capitale-Nationale puisque leur présence se fait en surplus des paramédics en poste.
Sa porte-parole, Raphaëlle Plante, poursuit toutefois en concédant que si ces stagiaires ne sont pas en mesure d'obtenir leur diplôme, il est à prévoir que des effets pourraient se faire sentir à moyen et à plus long terme quant aux besoins des entreprises ambulancières et à l'embauche de personnel.
Avec les informations d’Eugénie Emond et d’Alexandre Painchaud


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