Lorsque par malheur il se retourne vers Eurydice, la dernière chose qu’Orphée perçoit de celle qui meurt alors une seconde fois est un «adieu!» ténu, quod iam uix auribus ille («qu’il n’entendrait plus qu’à peine»), écrit Ovide dans Les Métamorphoses. On peut en effet poser la question suivante: est-ce que, plutôt que de ne plus pouvoir les toucher ou les voir, ce ne serait pas le fait de ne plus parvenir à dialoguer avec nos chers disparus qui nous plongerait dans la peine?
Communiquer avec les morts, c’est l’affaire, entre autres, du spiritisme, particulièrement au tournant des XIXe et XXe siècles. Mais l’affaire est un peu fruste: épeler péniblement, sur un ouija, les paroles d’un défunt, se contenter de coups frappés pour indiquer un «oui» ou un «non», voilà qui reste fort aride.


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