Lorsque Damon Albarn dévoilait au tout début du XXIe siècle un groupe virtuel créé avec l'aide du dessinateur Jamie Hewlett, on pensait à un projet parallèle, une passade. Emmené par quatre musiciens dessinés par le bédéaste et graphiste britannique (2-D, Noodle, Murdoc Niccals et Russel Hobbs), Gorillaz faisait sensation en 2001 avec un premier album porté par le tube Clint Eastwood, lancinante et obsédante mélopée empruntant au rock, à l'électro et au hip-hop. Blur avait publié deux ans auparavant un sixième album (13) s'affranchissant du son britpop des premières années, on pensait alors que Damon Albarn s'offrait avec Gorillaz une petite parenthèse. Ce que confirmera la sortie en 2003 de Think Tank, nouvel album de Blur aux influences plus larges encore.
Mais voici que nous arrivait en 2005 le prodigieux Demon Days, deuxième enregistrement de Gorillaz. Une vingtaine d'années plus tard, ce super-groupe au sein duquel cohabitent quatre personnages de cartoon et de nombreux musiciens et chanteurs invités au fil des enregistrements, a publié neuf disques, tout comme Blur depuis le fondateur Leisure en 1991. Le dernier, The Mountain, est sorti en février dernier, construit notamment autour de l'idée de célébrer, à travers des collaborations posthumes, des artistes ayant jadis accompagné le groupe.


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