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Gironde: ils ont prêté leurs tracteurs contre l'incendie ; la préfecture leur interdit maintenant de sauver leurs propres récoltes

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À Cestas, en Gironde, des agriculteurs ont mis leurs tracteurs et leurs parcelles au service des pompiers dès le début du mégafeu du 25 juillet. Une fois le sinistre maîtrisé, un arrêté préfectoral leur a interdit de retourner travailler leurs propres terres.

Pendant que les agriculteurs de Cestas attendent des laissez-passer à géométrie variable, des tonnes de haricots, de carottes et de maïs partent à la poubelle. L'assouplissement concédé par la préfercture n'autorise l'accès aux parcelles qu'en dehors de 14h à 22h,précisément les heures de travail. La profession juge la mesure inapplicable.

Des agriculteurs transformés en auxiliaires du dispositif anti-incendie

Lorsque les flammes ont progressé en Gironde, les agriculteurs n’ont pas attendu les consignes pour se mobiliser. Tracteurs, parcelles irriguées et installations agricoles ont été mis à contribution pour aider les pompiers. À Cestas, Guillaume Dubourg, exploitant de l’EARL de Pierroton, raconte avoir hébergé et nourri des soldats du feu et ouvert ses ateliers pour permettre les réparations de leurs véhicules.

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France 3 Nouvelle-AquitaineJulie Chapman

Ses terres irriguées ont également joué un rôle de pare-feu. Mais une fois le danger immédiat écarté, l’exploitant s’est retrouvé confronté à une autre menace : l’impossibilité de travailler. Semis, irrigation et récoltes ne peuvent pourtant pas attendre indéfiniment. Pour certaines cultures, perdre quelques jours peut signifier perdre toute une saison.

Le civisme récompensé par la paperasse

Les agriculteurs ont demandé des autorisations individuelles. Le dispositif exige notamment les noms et plaques d’immatriculation des véhicules, les coordonnées des responsables, les téléphones et les points GPS de chaque parcelle et chantier. Le dossier passe ensuite par la Chambre d’agriculture, la préfecture et le SDIS de la Gironde.

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Le Courrier des StratègesÉric Verhaeghe

Depuis le 25 juillet, Guillaume Dubourg, exploitant de l’EARL de Pierroton à Cestas, nourrit, héberge et répare les camions des pompiers. Ses parcelles irriguées ont servi de « véritables pare-feux » pour stopper la progression des flammes. Il a vu le mur de feu s’arrêter à la limite de sa propriété. Une fois l’incendie maîtrisé, l’arrêté préfectoral lui a interdit d’accéder à ses terres pour semer, irriguer et récolter.

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La visite d’Emmanuel Macron n’a pas immédiatement débloqué la situation. Après l’interpellation d’un agriculteur, le président aurait demandé une réaction de la préfecture. Une réunion de crise s’est ensuite tenue avec les services de l’État, la Chambre d’agriculture et plusieurs élus.

Le « compromis » préfectoral reste contesté

Le 29 juillet, la préfecture a annoncé une autorisation exceptionnelle d’accès aux parcelles pour plusieurs activités, notamment le maraîchage, les cultures irriguées, le maïs semence et la viticulture. Mais l’accès reste interdit de 14 heures à 22 heures.

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Le Courrier des StratègesRédaction

C’est précisément ce calendrier que contestent les agriculteurs. Leur argument est simple : les heures de forte chaleur et de faible visibilité ne correspondent pas nécessairement aux conditions les plus sûres pour intervenir, tandis que la présence maximale des salariés se situe en journée.

Au-delà du seul épisode girondin, cette affaire révèle une tension classique de l’administration en situation de crise : lorsqu’elle a besoin du civisme des acteurs de terrain, leur autonomie devient précieuse. Lorsqu’il faut autoriser le retour à l’activité, la décision repasse par une chaîne administrative complexe.

Les mêmes exploitants dont les terres ont contribué à freiner les flammes doivent désormais demander à l’État la permission de sauver leur propre récolte. Entre principe de précaution et réalité économique, le bon sens paysan se retrouve une nouvelle fois soumis au bon vouloir du préfet.

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