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Pour l’artiste gatinoise Fyore, participer aux 30es Francouvertes représente un privilège inouï. Mais accéder à la finale était au-delà de ses espérances.
Ça fait trois ans que je vais voir des spectacles aux Francouvertes. Tous mes artistes préférés, je les ai découverts là-bas, s’enthousiasme-t-elle, mesurant l’ampleur de sa présence à ce concours, qui récompense le talent des artistes québécois émergents.
C’est comme si les étoiles étaient alignées. Je me sens exactement là où je devrais être.
Après avoir brillé lors de la ronde des préliminaires, l’autrice-compositrice-interprète s’est à nouveau démarquée à la mi-avril lors des demi-finales.

Lors des préliminaires, Fyore avait offert à ses proches des pancartes marquées d’une note de «10» pour qu’ils les brandissent durant sa prestation.
Photo : Offert par les Francouvertes / Jaime Antonio Luna
Je me suis dit : “Je vais faire comme si c’est mon dernier show aux Francouvertes. Je vais donner mon 100 % et tout laisser sur scène.” Et ça a payé, se remémore-t-elle.
Lundi soir, Fyore – de son vrai nom Élodie Kpanté – montera sur la scène du Club Soda, à Montréal, aux côtés des deux autres finalistes, l’artiste de Gaspé Luan Larobina et le Montréalais Irdens Exantus.
Ça fait deux ans que j’essaie de me bâtir une identité et des chansons qui ont une couleur unique. C’est validant que des professionnels du milieu disent que c’est ce qu’ils reçoivent aussi, se réjouit la Gatinoise.
Un univers haut en couleur
Déjà à cinq ans, Fyore savait qu’elle voulait faire carrière en musique. C’est en découvrant le répertoire de Marie-Mai que son amour de la scène s’est éveillé.
C’est comme notre pop star au Québec. Elle m’inspire vraiment. Sa présence scénique est inégalable, estime celle qui a grandi dans le secteur de Buckingham. C’est une des premières artistes que j’ai vues en spectacle et je me rappelle du feeling que j’ai eu : “OK. C’est ça que je veux faire”, se souvient-elle.

Pour Fyore, la scène est un véritable «terrain de jeu».
Photo : Offert par les Francouvertes / Jaime Antonio Luna
Elle s’est donc inscrite en musique à l’École Hormisdas-Gamelin, où elle a appris à jouer de la flûte traversière, avant de compléter une formation au Collège Lionel-Groulx, à Sainte-Thérèse. Puis, le projet Fyore est né.
Fyore, c’est moi, mais de façon exponentielle.
Billes multicolores dans les cheveux et habits ornés de paillettes constituent le costume de son alter ego. J’ai appris à coudre cette année pour personnaliser mes vêtements à ma manière. Faire de la musique me permet de découvrir d’autres facettes artistiques de moi, dit-elle.

Avec sa musique et son personnage de scène, Fyore s’est bâti un «univers coloré».
Photo : Offert par les Francouvertes / Jaime Antonio Luna
L’artiste de 25 ans voit la scène comme un grand terrain de jeu. J’ai envie qu’on ait du fun, que ce soit ludique, de faire embarquer les gens dans mon univers coloré, précise-t-elle. Je n’ai pas envie que ça feel comme un spectacle, mais comme une expérience, où on peut être soi-même et se sentir libre.
Des influences multiples
Pour écrire et composer ses chansons, Fyore s’inspire de ses racines maternelles québécoises et de son héritage paternel togolais. Mon beau-père, aussi, avec qui j'ai grandi, est haïtien. J’essaie de mélanger l’écriture québécoise et les rythmes africains, souligne-t-elle, ajoutant être fière de sa famille.
Avec sa musique, elle a l’impression de donner une voix au Togo. Je n’y suis jamais allée, mais j’ai l’impression que le Togo me manque. C’est vraiment un sentiment particulier, se confie-t-elle.
Le Togo, c’est un petit pays. On n’est pas beaucoup et il existe peu de perspectives d’artistes québéco-togolais.
Son écriture est teintée de vulnérabilité. Pour moi, c’est nécessaire que mes chansons soient les plus vraies possibles, indique la Gatinoise. Je parle beaucoup d’autodétermination. Je suis fière de qui je suis.
Un premier album à l’automne
Après avoir fait paraître en 2024 son minialbum DZIDZI – un clin d'œil à son surnom d’enfance, Didi –, Fyore prépare un premier album de 16 chansons à venir cet automne.
J’ai fait cet album un peu par accident, rigole-t-elle. On était en studio, on faisait de la musique pour le fun et on a écrit une quarantaine de chansons pour finalement en choisir 16.

Pour son premier album complet, Fyore a créé des chansons pensées pour la scène.
Photo : Offert par les Francouvertes / Jaime Antonio Luna
Pour cet opus, elle a misé sur un son plus dansant. J’avais envie d’un projet que je m’amuserais à faire en spectacle, mentionne-t-elle.
Les pièces sélectionnées explorent de nouvelles avenues musicales, notamment des sonorités électro-pop et konpa, un genre musical emblématique d’Haïti. On expérimente et on s’est challengé à faire des styles différents, ajoute l’autrice-compositrice-interprète, qui a collaboré avec le réalisateur Cedrik Heynemand.
Je pense que c’est ça qui crée la pureté d’un projet authentique, de toujours sortir de sa zone de confort.
Fyore espère désormais que sa musique saura résonner auprès du public. C’est merveilleux quand les gens interprètent les chansons comme ils veulent. Ça leur donne une deuxième vie et c’est vraiment précieux, conclut-elle.


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