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Dans la saison 5 de cette série de science-fiction, une colonie installée sur la planète rouge revendique son autonomie vis-à-vis de la Terre.
Passer la publicité Passer la publicitéAlors que le monde entier a les yeux rivés sur les astronautes d’Artemis, qui ont fait le tour de la Lune, une série permet de prolonger cet émerveillement face à l’exploration spatiale : For All Mankind. Cette uchronie astucieuse, qui imagine un monde où l’URSS a posé le premier pas de l’humanité sur la Lune, damant le pion aux Américains, entame sa saison 5. Une longévité record pour une production d’Apple TV.
Dans ce monde imaginaire, l’Union soviétique ne s’est jamais effondrée. La rivalité spatiale entre Washington et Moscou s’est poursuivie avant de se transformer en cogestion. Mars est colonisée depuis les années 1990. Mais, en 2012, point de départ des dix nouveaux épisodes, les liens entre les habitants de la Terre et les 5 000 résidents de la planète rouge, pour la plupart des travailleurs clandestins ayant obtenu l’asile, se sont tendus. Les premiers sont lassés de financer la survie des seconds, fatigués d’obéir à des gouvernements exploiteurs. Le meurtre d’un de ces prolétaires sans papiers met le feu aux poudres.
Le mécontentement tourne au mouvement autonomiste. Les descendants des pionniers sont au premier rang de cette contestation. À l’image d’Alex, le petit-fils du héros de la Nasa Ed Baldwin (Joel Kinnaman). Pour avoir contesté le fonctionnement de la colonie martienne, l’ex-commandant, octogénaire, porte un bracelet électronique de surveillance.
Se sentir martien
« Nous voulions passer d’une planète rouge où on survit à une planète où l’on vit. D’où l’idée de confronter cette microsociété aux problèmes d’approvisionnement, à l’apparition des loisirs, du crime », expliquent au Figaro les créateurs Matt Wolpert et Ben Nedivi. « Il y a une divergence culturelle et historique en train de se créer entre ceux restés sur Terre et ceux établis sur Mars qui se sentent moins américains ou russes que martiens. Les colons ont fini par fonder des familles. Leurs enfants n’ont connu que Mars et ne peuvent faire machine arrière », analyse le duo, qui a beaucoup lu sur les débuts des revendications indépendantistes aux États-Unis au XVIIIe siècle.
Série de science-fiction, For All Mankind se veut aussi un miroir de nos inquiétudes contemporaines. Matt Wolpert et Ben Nedivi soignent les conséquences de leur uchronie. Chaque début de saison s’ouvre sur un montage d’extraits de JT et de unes de magazine fictifs révélant de quelle manière l’actualité a divergé. Michael Jackson, toujours vivant, fait des duos avec Jay-Z. JFK Jr, qui a échappé à son accident d’avion, veut ravir la Maison-Blanche au populiste qui l’occupe.
Pilier de la saga, Joel Kinnaman est ému de ce passage de flambeau entre générations. « Me voir vieillir dans le miroir de la loge maquillage, jouer Ed à 82 ans - l’âge de mon père -, me confronte à ma mortalité. Plus on réfléchit à la fin, moins on gâche de temps, plus on se donne la possibilité d’une vie riche », insiste le comédien de 46 ans, pour qui For All Mankind remet au premier plan la beauté et les mystères de l’espace. « Nous devrions être fascinés par cela plutôt que par les réseaux sociaux et les vidéos générées par l’intelligence artificielle. »


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