Des ateliers, des jeux, des conférences... se tiennent cette semaine, partout en France, autour de l’argent. Une semaine de l’éducation financière qui cette année a pour thème : « L’argent, osons en parler ! ». Marguerite Collignan de Durand, directrice à la Banque de France, l’évoque… justement.

Propos recueillis par Boris Ivanoff - Hier à 20:42 - Temps de lecture :

148 000 dossiers de surendettement ont été déposés en France en 2025, soit 10 % de plus en un an.  Photo Sipa/ Michel Gile 148 000 dossiers de surendettement ont été déposés en France en 2025, soit 10 % de plus en un an.  Photo Sipa/ Michel Gile
Pourquoi une semaine de l’éducation financière ?

« La question est presque pourquoi ce besoin d’éducation financière. À l’origine en France (la semaine de l’éducation financière s’intègre dans une opération internationale menée par l’Organisation de coopération et de développement économiques - OCDE), cela répondait à un besoin spécifique auprès de la jeunesse. Aujourd’hui, nous avons élargi l’évènement et il s’adresse à tous les publics. Pour sa 14e édition, la semaine de l’éducation financière, c’est 550 opérations dans toute la France : des ateliers, des conférences, des jeux pour toute la famille autour de l’argent. »

Il y a donc aujourd’hui encore un besoin d’éducation financière, lequel ?

« Cela correspond au besoin fondamental de bien gérer son argent. Il peut aussi y avoir l’envie de mieux comprendre les débats économiques et politiques en tant que citoyen, mais avant toute chose c’est pour faire des choix éclairés sur ses finances, tout au long de sa vie. Le but de nos missions est l’autonomie financière, en apportant des connaissances, en donnant quelques clés, sans pour autant tomber dans le conseil personnalisé. Ce n’est pas notre rôle. »

Informer sans conseiller, comment éviter la hausse du surendettement dans ce cas ?

« Par la prévention justement. En rappelant aux gens ce qu’est un crédit, ou de façon plus générale ce que la gestion d’un compte en banque signifie, on peut permettre d’éviter de tomber dans la spirale du surendettement. Mais il y a un facteur très important dans tout cela et qu’il ne faut surtout pas oublier c’est le fait d’en parler. On ne parle jamais d’argent en famille ou entre amis… Cela ne devrait pas être le cas, l’argent ne devrait plus être un sujet tabou. »

On dit souvent que les Français épargnent beaucoup, presque trop. C’est le message que vous passez également ?

« Porter ce genre de jugement ne fait pas partie de l’éducation financière. On ne dit pas aux gens s’ils épargnent trop ou pas assez. En revanche, on peut expliquer la différence entre une épargne sûre ou risquée, qu’est-ce que le rendement… Il faut par exemple bien comprendre qu’il y a deux sortes d’épargne, celle servant à financer un projet et celle de précaution. On présente ensuite tous les produits financiers qui existent en fonction de ce que l’on souhaite. La notion de bon ou de mauvais placement n’existe pas, cela dépend de ce qu’on veut faire, de ses revenus, du risque qu’on est prêt à prendre. »

Une semaine par an pour expliquer tout cela, ça ne suffit pas  ?

« C’est bien pour cela que la Banque de France est partenaire d’une trentaine d’opérateurs qui mènent des actions tout au long de l’année. Le public peut ainsi s’adresser à un guichet « Educfi » sur son territoire ou avoir accès à nos différents supports digitaux, demander à suivre des ateliers… Et depuis deux ans, nous avons conçu un passeport d’éducation financière à destination des élèves de 4e. »

La semaine de l’éducation financière jusqu’au 21 mars. www.semaine-educfi.fr

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