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Le gouvernement de l'Île-du-Prince-Édouard fait marche arrière et maintient entièrement le budget alloué aux postes de mentors pédagogiques dans les centres de la petite enfance jusqu'au 31 mars 2027. Ce rétablissement s'effectue grâce au redéploiement d'enveloppes fédérales existantes. Une nouvelle politique encadrant ce rôle sera également introduite au printemps prochain.
Après des mois de mobilisation et d'inquiétude face aux coupes budgétaires de 25 % qui menaçaient d'entrer en vigueur le 2 octobre, le secteur de la petite enfance dans la province obtient gain de cause.
Le gouvernement de Rob Lantz a confirmé que les postes de soutien pédagogique au sein des Centres de la petite enfance (CPE) continueront d'être entièrement financés jusqu’à la fin du mois de mars 2027.
Dans les garderies, l'annonce a été accueillie avec enthousiasme. Pour Katera Arsenault, directrice générale du CPE francophone Le Jardin des étoiles à Summerside, la décision évite une réorganisation complexe et la précarisation de son personnel.
C'était un gros soulagement, je sais que ça a été beaucoup de travail en arrière scène, confie la directrice, qui peut finalement conserver ses deux mentors à temps plein.
La mesure permet aussi le retour à la normale pour le personnel. Contrainte de partir travailler dans le CPE de Rustico à cause des réductions budgétaires, la mentore pédagogique Chafiaa Ihamouchen peut désormais réintégrer le centre de Charlottetown où elle exerçait auparavant.
C'est une bonne nouvelle pour soutenir les équipes, le bien-être des enfants et des familles. C'est une reconnaissance du gouvernement de notre travail.
Pas de nouvel argent
Le ministère de l'Éducation et de la Petite Enfance, Robin Croucher, précise toutefois qu'il ne s'agit pas d’argent frais. La province a plutôt choisi d'ajuster son budget et de rediriger des sommes accordées par le gouvernement fédéral qu'elle avait déjà en sa possession, le tout en concertation avec les représentants du secteur.
Nous avons pu serrer un peu [les dépenses] ici et là, explique le ministre. Nous avons déplacé de l'argent qui n'a pas nécessairement besoin d'être utilisé à court terme ici, afin de le réorienter vers quelque chose d'une plus grande importance.

« Pour le prochain exercice fiscal, nous pensons qu'il y aura plus d'aide à venir pour nous aider à stabiliser notre système », assure le ministre de l'Éducation, Robin Croucher.(Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Raphael Caron
Pour la suite, le ministre se montre particulièrement optimiste quant à la possibilité de pérenniser la mesure. Il s'appuie notamment sur les discussions en cours avec Ottawa et sur l'annonce fédérale faite en juin dernier d'injecter 5,4 milliards $ sur deux ans pour soutenir le réseau national de garderies à 10 $ par jour.
Je suis très confiant quant au fait que le gouvernement fédéral est à l'écoute et je pense qu'il y aura d'autres bonnes nouvelles à partager, a-t-il déclaré.
Une nouvelle politique
Parallèlement, le gouvernement provincial mettra en place, dès le 1er avril 2027, une nouvelle politique sur le soutien pédagogique. L'objectif est de clarifier les attentes et d'offrir une ligne directrice uniforme pour l'ensemble des CPE de la province.
Pour Chafiaa Ihamouchen, l'arrivée de ce cadre structurant est une avancée, alors que les tâches quotidiennes des mentors peuvent s’avérer vastes et vagues.
Ça va beaucoup aider. Parce que là, on sait en quelque sorte ce qu'on doit faire, mais il n’y a pas un encadrement qui définit exactement nos tâches.
Tu te retrouves dans toutes les tâches, sauf celles du mentor des fois, poursuit-elle.

La mentore pédagogique Chafiaa Ihamouchen salue le rétablissement du financement provincial ainsi que l'adoption d'une nouvelle politique. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Marine Ernoult
De son côté, Katera Arsenault voit dans cette politique une opportunité d'harmoniser le travail à l'échelle provinciale tout en conservant les bonnes pratiques d'accompagnement, de documentation et d'appui en salle de classe.
Ombre au tableau
Si le milieu des garderies célèbre cette victoire, la situation demeure critique pour l'organisme francophone Cap Enfants. Son programme Dès la naissance, dont l'enveloppe annuelle de 57 000 $ avait été coupée à la fin juin, n'a toujours pas vu son financement rétabli. Ce programme aide les familles à transmettre le français à la maison dès le berceau.
Une consultante a été mandatée par le secrétariat provincial aux Affaires acadiennes et francophones pour évaluer le programme et remettre un rapport d'ici la fin du mois de septembre.
En attendant, la directrice générale de Cap Enfants, Rachelle Smith, doit composer avec des ressources limitées face à une demande qui ne faiblit pas.
La demande est là, c’est malheureux qu’on doive se battre pour rétablir les fonds, déplore-t-elle, alors que cinq familles ont sollicité ce service depuis le mois de juin.
Avec des informations de CBC


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