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Financement, gouvernance, négociations : inquiétudes des enseignants franco-ontariens

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Le financement du système d’éducation, l’avenir des conseils scolaires, la rétention des enseignants et la négociation de nouvelles conventions collectives sont au nombre des priorités de la présidente du syndicat des enseignants franco-ontariens, dont l’assemblée annuelle se déroule à Toronto.

Gabrielle Lemieux a obtenu un deuxième mandat de deux ans, cette fois sans opposition, à la tête de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO). Originaire du nord de l’Ontario, elle a auparavant été vice-présidente du syndicat.

Les contrats de travail des enseignants arrivent à échéance cet été. Ça va être un gros cheval de bataille pour nous d’aller négocier des conventions collectives qui assurent des droits, des conditions de travail adéquates pour nos membres, toujours avec la lentille que nos conditions de travail, ce sont les conditions d’apprentissage des élèves, soutient-elle.

Mme Lemieux affirme que le sous-financement du système d’éducation est un sujet de préoccupation qui ressort tant à l’assemblée que lors de consultations auprès des membres.

Les enseignants francophones déplorent aussi l’augmentation de la violence dans les écoles et le manque de ressources financières et humaines pour s’attaquer à ce problème.

Recruter et retenir

Les difficultés de recrutement et de rétention des enseignants sont aussi très hautes dans la liste des problèmes qui pèsent lourd. La présidente reconnaît que des places supplémentaires ont été créées dans les facultés d’éducation, mais s’inquiète de la pérennité de ces investissements.

Même si on recrute des milliers d'enseignants franco-ontariens, s'ils ne restent pas dans le système, on va toujours avoir ce problème de rétention là.

Elle note que 30 % des enseignants du système francophone en Ontario abandonnent la profession au cours des cinq premières années, soit deux fois plus que du côté anglophone.

Maintenir la gouvernance locale

Plus largement, le contrôle accru de la province sur les conseils scolaires soulève des questions. Le ministre de l’Éducation, Paul Calandra, a mis sept conseils scolaires sous tutelle et menace un huitième du même sort.

Le gouvernement Ford a fait adopter à l'automne, la Loi sur le soutien aux enfants, aux élèves et aux étudiants (nouvelle fenêtre) qui accroît les pouvoirs du ministre sur les conseils.

M. Calandra a aussi évoqué la possibilité d’éliminer les conseillers scolaires.

Gabrielle Lemieux n’est pas totalement rassurée par les déclarations du ministre, qui affirme qu’il respectera toutefois les droits constitutionnels des francophones et des catholiques. Le ministre a aussi dit qu’il était en train de consulter des avocats en droit constitutionnel , mentionne-t-elle.

À la base, ajoute Mme Lemieux, si ce sont des gens qui ne sont pas ancrés dans la réalité de nos communautés qui prennent les décisions pour nos écoles, ça aussi, c’est inquiétant, droits constitutionnels ou non.

Avec les informations de Bienvenu Senga

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