Des chauffeurs routiers bosniens ont levé lundi soir leur blocus de deux terminaux de fret à la frontière avec la Croatie, pays membre de l'Union européenne (UE), après une journée de manifestation contre les règles du bloc limitant leur séjour dans l'UE.
Le blocus a été levé après que les chauffeurs se sont vu promettre des discussions avec les autorités bosniennes mercredi afin d'envisager des solutions. En même temps, la Première ministre bosnienne Borjana Kristo, a contacté son homologue croate Andrej Plenkovic, qui serait prêt à en discuter aussi, a indiqué un ministre bosnien.
Depuis octobre, l'Union européenne déploie à sa frontière son nouveau système d'entrée/sortie (EES), que les chauffeurs des Balkans qualifient de "discriminatoire" car il les soumet à la même règle de 90 jours sur 180 que les touristes. "Notre travail est devenu administrativement impossible", a déclaré à l'AFP Hidajet Muratovic, un des coordonnateurs des blocages à la frontière.
"L'effondrement du système de transport en Bosnie-Herzégovine"
Sur onze passages frontaliers avec la Croatie, deux ont été bloqués lundi matin pour le trafic des camions à la sortie du pays, à Orasje et à Svilaj. Le déploiement du système EES, qui doit entrer pleinement en vigueur le 10 avril, a entraîné un renforcement des contrôles, de nombreux chauffeurs étant désormais refoulés à la frontière croate.
"Rien qu'en mars nous avons eu plus de 200 refoulements à la frontière avec la Croatie. D'après nos estimations, nos entreprises de transport routiers ne pourront fonctionner qu'à 50% ou 60% de leurs capacités", à partir du 10 avril, a dit dans l'après-midi à l'AFP Atif Hadzidedic, 28 ans, patron d'une entreprise de transport routier et un autre coordonnateur de la manifestation.
"C'est tout simplement l'effondrement du système de transport en Bosnie-Herzégovine" qui risque de se produire, selon lui. Dans la matinée, des représentants des quelque 15.000 à 18.000 routiers bosniens ont rencontré le Premier ministre de l'entité serbe de Bosnie, Savo Minic, qui a promis des améliorations du système administratif dans le pays.
Les chauffeurs routiers serbes ont annoncé de possibles nouveaux blocages après le 10 avril
"Nous sommes du côté des routiers et nous ferons tout pour que leur problème soit réglé. Mais nous ne permettrons pas des blocages", a déclaré M. Minic aux médias. Fin janvier, les routiers de plusieurs pays des Balkans (Bosnie, Serbie, Monténégro, Macédoine du Nord) avaient déjà bloqué pendant plusieurs jours de nombreux terminaux - les blocages avaient été levés après l'annonce de discussions à Bruxelles qui n'ont pour l'heure abouti à aucun assouplissement des règles.
Les chauffeurs routiers serbes ont annoncé de possibles nouveaux blocages après le 10 avril. Ces blocages coûtent cher : les économies des Balkans perdent environ 100 millions d'euros par jour en exportations de marchandises, avait affirmé en janvier le président de la Chambre de commerce de Serbie (CCIS).
Selon les données de l'UE, l'Union est le principal partenaire commercial des Balkans, représentant plus de 60% du commerce total de la région, dont la majeure partie est transportée par la route. Pour la Bosnie, 93% du commerce transite par la route. Le commerce de marchandises entre l'UE et les Balkans a dépassé 83 milliards d'euros en 2024.


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