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Fin d’un procès chaotique : un détenu récalcitrant reconnaît sa culpabilité

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Au beau milieu d’un procès marqué par des audiences tumultueuses, Raphaël Plamondon a finalement choisi de reconnaître sa culpabilité.

Le détenu de 37 ans, qui se défendait seul, a admis avoir intimidé et harcelé deux agents correctionnels de l'Établissement de détention de Québec, mettant fin à son procès devant jury.

Des jurés ont quitté la salle en souriant après avoir appris ce dénouement, lundi, qui survient après trois semaines d'un procès qui ne devait initialement en durer que deux.

Raphaël Plamondon

Raphaël Plamondon lors de l'intervention à l'Établissement de détention de Québec, en juillet 2024.

Photo : Capture d'écran d'une vidéo déposée en preuve

Plamondon avait reconnu sa culpabilité vendredi, en l'absence du jury, après avoir présenté quelques-uns de ses témoins, alors qu'il avait prévu en faire témoigner une trentaine encore.

Comportement erratique

La situation s'est dégradée mardi dernier, lorsque l’accusé a commencé à se décomposer devant le jury. Entre deux commentaires agressifs envers les témoins — qu’il est allé jusqu’à traiter de menteurs — Plamondon a poussé la patience du juge François Huot à bout. Ce dernier l'a d’ailleurs cité pour outrage au tribunal après la tenue de propos insultants.

Alors que Plamondon présentait sa défense, certains jurés ne cachaient plus leur exaspération, oscillant entre la surprise et le découragement face à la tournure des événements.

Me Kim Simard et Me Fabien Villemaire au palais de justice de Québec

Me Kim Simard et Me Fabien Villemaire sont les procureurs du DPCP dans ce dossier. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Yannick Bergeron

Mercredi, la tension a franchi un nouveau seuil. Après s’être emporté lors de l’interrogatoire d’un nouveau témoin, Plamondon a donné du fil à retordre aux agents de l'unité d'intervention carcérale, avouant même avoir craché sur l'un d'eux.

L’utilisation de gaz irritants a été nécessaire, et l’accusé a terminé l’audience par visioconférence depuis la prison, encadré par des agents munis de masques antigaz.

Un ami de la Cour en renfort

Devant la tournure des événements, le juge a demandé l'intervention d'un ami de la Cour. Me Didier Samson a répondu à l'appel du tribunal pour assister l’accusé.

L’avocat, qui a tenu à offrir ses services gratuitement pour préserver son indépendance, a réussi à dénouer l'impasse en rencontrant Plamondon. Ce dernier a mis fin à sa défense pour reconnaître sa culpabilité à deux des trois chefs d'accusation.

Portrait de Maitre Didier Samson dans son habit d'avocat, au palais de justice de Québec.

Me Didier Samson

Photo : Radio-Canada / Camille Carpentier

Le détenu, qui purge déjà une peine à durée indéterminée pour proxénétisme, a reconnu avoir agi avec l’intention de provoquer la peur chez Jean-Michel Girard et Benjamin Côté. Ces deux agents correctionnels ont participé à l'intervention musclée durant laquelle Plamondon les a menacés, au centre de détention de Québec.

La vidéo des événements survenus le 24 juillet 2024 avait été présentée au jury. On y entend le détenu dire qu'il allait faire passer les agents et qu'ils devront se surveiller puisqu'il ferait appel à du monde dehors.

Des agents.

2:14

Le procès d’un détenu accusé de menaces et de voies de fait armées envers des agents correctionnels a offert une rare incursion dans le monde carcéral. Voyez des images.

Photo : Radio-Canada

En échange de ce plaidoyer de culpabilité pour harcèlement et intimidation, la Couronne a accepté d'abandonner l'accusation de voies de fait armées.

Le juge François Huot a souligné que Raphaël Plamondon était un individu très intelligent, mais dont les graves problèmes de comportement ont indûment prolongé les procédures.

Le jury a été officiellement dissous lundi matin, mais le juge Huot doit maintenant entendre les observations sur la peine. Le magistrat doit aussi tenir un procès jeudi, sous l'accusation d'outrage au tribunal.

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