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Fermer Murdochville est une possibilité pour Métaux Osisko

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L'entreprise minière Métaux Osisko souhaite relancer la mine de cuivre à Murdochville. Pour y arriver, elle avance l'idée de déménager toutes les maisons de la communauté gaspésienne, donc de fermer la ville pour maximiser le potentiel minier.

Il s’agit d’un scénario qui a été présenté à la population au cours des derniers jours lors de groupes de discussion animés par l’entreprise minière.

Au conseil municipal, cette idée arrive comme une surprise.

On pouvait se douter que ça viendrait dans les cartes à un moment donné, mais on ne pensait pas que ça arriverait auprès de la population si rapidement que ça, observe le maire, Stéphane Gamache.

C’est un gros choc quand même pour les citoyens.

C’est quelque chose de gros, un déménagement. On peut comprendre que ça brasse des émotions et des préoccupations chez les gens, ajoute le maire.

Stéphane Gamache.

Stéphane Gamache est le maire de Murdochville.

Photo : Radio-Canada / Luc Manuel Soares

Si la population a été tout aussi surprise par cette révélation, elle ne semble pas s’inquiéter pour l’instant, puisqu’il ne s’agit pas d’un scénario définitif.

Raphaëlle Molaison et son conjoint, résidents de Murdochville, se disent somme toute favorables à la relance de la mine, pour des raisons économiques. Mme Molaison était par ailleurs des rencontres citoyennes de cette semaine.

C’est sûr qu’ils nous ont rassurés sur le fait que ce sont que des scénarios catastrophes, soit ce qui pourrait arriver dans le pire des cas, donc ça nous a beaucoup rassurés, concède-t-elle.

C’est certain qu’à Murdoch, on a acheté notre gazon et ce qu’il y a en dessous, ça ne nous appartient pas, donc on est un peu craintifs de ce qu’il pourrait arriver. Ce qu’on veut, c’est avoir une idée claire.

Un couple avec un bébé dans une poussette, devant une maison.

Steven Aubut-Huet, Raphaëlle Molaison et leur bébé Samael. Ils se sont établis à Murdochville il y a environ cinq ans pour la nature et la tranquillité.

Photo : Radio-Canada / Luc Manuel Soares

L’autre scénario envisagé par Métaux Osisko est d’avoir une cohabitation avec les résidents existants. Il s'agirait donc de proposer le déménagement d’une trentaine de maisons qui se trouveraient trop près de la mine à ciel ouvert.

Cette avenue avait été exposée au début du mois.

Des logements dans un bâtiment en mauvais état.

Actuellement, l’ancienne ville minière compte 640 habitants et environ 600 maisons.

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

Aucun scénario encore confirmé, dit Métaux Osisko

Métaux Osisko affirme que rien n’est encore arrêté et que l’idée est justement d’entendre les préoccupations ou les attentes de la population.

Pour envisager un scénario précis, ça prend des études, comme des études économiques préliminaires, des études de préfaisabilité. Ces études ne sont pas encore faites, on commence tout juste, explique la directrice des relations avec les communautés pour Métaux Osisko, Véronique Morency.

On est vraiment au début de la discussion et c’est sûr qu’il faut partir de quelque part. Ce qui a été discuté avec les citoyens, ce sont des scénarios généraux.

On n’est pas en retard, on n’est pas à l’avance, c’est juste le bon moment pour commencer à discuter avec les gens, fait-elle valoir.

D’après Geneviève Brisson, professeure titulaire au Département société, territoire et développement à l’Université du Québec à Rimouski (UQAR), fermer une ville ou reloger l’ensemble des citoyens doit se planifier en impliquant la communauté.

Présentement, à Miquelon, une des deux îles de Saint-Pierre-et-Miquelon, ça fait plus de trois ans qu’ils préparent le déménagement de l’un des villages et ce déménagement-là aura lieu dans dix ans, donc ça se prépare à long terme, donne-t-elle en exemple.

Geneviève Brisson.

Geneviève Brisson est également la directrice scientifique au Centre de recherche en développement territorial (CRTD).

Photo : Radio-Canada / Camille Lacroix

Quant aux répercussions sur les humains, elle souligne que ce genre de démarche peut créer une rupture ou un [traumatisme] collectif.

Quand on ferme une ville partiellement ou complètement, on perd nos repères, nos ancrages et il faut aussi s’en reconstruire d’autres, donc ce n’est pas juste une perte, c’est aussi un gros travail de reconstruction émotif, symbolique et physique, soutient Geneviève Brisson.

C’est loin d’être anodin. Si ce n’est pas décidé collectivement par la communauté des personnes qui habitent réellement la ville, ça se passe habituellement plutôt mal, dans le conflit et le stress.

La façade du Centre d’interprétation du cuivre.

Le Centre d’interprétation du cuivre relancé par Métaux Osisko avec exposition au premier étage. Il n’y aura cependant pas de visites souterraines de la mine, comme c'était le cas il y a quelques années.

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

Métaux Osisko évalue le potentiel minier de Murdochville à deux milliards de tonnes, soit quinze fois plus que tout le cuivre qui a été exploité durant 44 ans. La mine a cessé ses activités en 1999.

Si le potentiel minier se confirme, l’exploitation reprendrait en 2032.

Avec les informations de Martin Toulgoat

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