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Diffusé sur LCP-Assemblée nationale et disponible en replay, ce documentaire revient sur 80 années d’une conquête encore inachevée.
Passer la publicité Passer la publicitéSeize novembre 1945. La IVe République est née. Le Palais Bourbon rouvre ses portes. Quelques mois plus tôt, les femmes ont obtenu le droit de vote. Trente-trois d’entre elles viennent d’être élues à l’Assemblée constituante (17 communistes, 6 socialistes, 9 Mouvement républicain populaire, 1 Parti républicain de la liberté).
Elles savourent les premières heures d’une victoire arrachée de très haute lutte, le général de Gaulle s’opposant lui-même à leur introduction dans la Res Publica. « À ses yeux, rappelle la politologue Mariette Sineau, elles étaient un agent déstabilisateur du corps politique et introduisaient un facteur passionnel susceptible de dissoudre les relations au travail. » En juin 1942, pourtant, il avait déclaré : « Une fois l’ennemi chassé du territoire, tous les hommes et toutes les femmes de chez nous éliront l’Assemblée nationale. » Le dossier, ouvert sous l’Ancien Régime, traînait donc depuis au moins 200 ans.
Le commentateur des images d’archives diffusées en ouverture de ce documentaire dédié aux femmes à l’Assemblée salue l’arrivée des personnalités politiques, dont Francisque Gay, Édouard Herriot ou Maurice Schumann, et plus loin, sur un ton peut-être involontairement anecdotique, les femmes et les communistes. Mais qu’importe. Les débuts sont officiels et tellement prometteurs. Disponible sur la plateforme LCP Assemblée nationale et diffusée sur la chaîne LCP au lendemain de la Journée internationale des droits des femmes (8 mars), Femmes à l’Assemblée : histoire d’un combat raconte. Les décennies d’attente. Les espoirs déçus. La réticence des hommes, entre omnipotence masculine, morale bourgeoise et vieilles superstitions paysannes. Les progrès. Les reculs. Les débuts de la Ve République. Les premières femmes députées.
Une conquête inachevée
Qui se souvient de Madeleine Braun, de Germaine Degrond, de Denise Ginollin, d’Irène Laure ou de Rose Guérin ? Quelques femmes, comme Céline Crespy, la réalisatrice de ce documentaire, si soucieuse de raconter, au travers d’archives et de témoignages, l’engagement et les trajectoires de ces aïeules qui au sortir de la Seconde Guerre mondiale, et après avoir assuré à bras-le-corps la survie de la France pendant près de sept ans, se sont vu enjoindre de retourner à leurs fourneaux. Son film revient aussi sur ces 80 années d’une conquête politique encore inachevée. Dans l’Hémicycle en effet, elles restent aujourd’hui minoritaires. En 2012, elles étaient 155 élues face à 422 messieurs.
Dix ans plus tard, malgré les promesses de parité et une légère progression, elles occupaient 224 sièges auprès de 353 messieurs. Symbole majeur, la même année, Yaël Braun-Pivet était la toute première femme à s’emparer du perchoir. Mais les dissolutions successives n’ont malheureusement rien arrangé. La proportion femmes-hommes régresse à nouveau. Comme en témoigne, par exemple, Roselyne Bachelot. « On a desserré le collier du servage mais on en a toujours la marque autour du cou. On a été cantonnées pendant des millénaires dans un rôle strictement de reproduction, dans un rôle éminemment sexualisé, dans un rôle de servante, dans un rôle de ventres qui fournissent les ouvriers de la machine à produire et les soldats », souligne l’ancienne ministre et députée. Il faut donc ne jamais cesser de se battre.


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