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Faut-il avoir peur du virus West Nile, transmis par les moustiques ? Un infectiologue du CHU de Toulouse répond

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Le virus West Line, diffusé par les moustiques aux contacts des oiseaux puis des humains, fait son nid en Haute-Garonne. Trois cas autochtones ont été détectés cet été. Inquiétant?

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Au CHU de Toulouse, une dizaine de patients atteint par le virus West Nile ont été pris en charge pendant cet été 2026. Une hausse significative par rapporta aux autres années.

Au CHU de Toulouse, une dizaine de patients atteints par le virus West Nile ont été pris en charge pendant cet été 2026. Une hausse significative par rapport aux autres années. (©Illustration/Maxime Noix/Archives Actu Toulouse)

Par David Saint-Sernin Publié le 16 sept. 2026 à 6h06

Actu Toulouse vous en a parlé ce lundi 14 septembre 2026. Depuis quelques jours, plusieurs familles du département de Haute-Garonne témoignent. Un de leur proche est touché par virus du Nil occidental ou virus West-Nile (VWN), un virus qui se transmet accidentellement aux hommes et aux chevaux par l’intermédiaire de moustiques essentiellement du genre Culex, le réservoir naturel étant constitué par les oiseaux et les moustiques. Certaines de ces personnes sont durement touchées, avec des complications médicales, d’ordre notamment neurologique. Faut-il donc craindre ce virus qui frappe durement ces personnes en Haute-Garonne ? Guillaume Martin-Blondel, infectiologue au CHU de Toulouse, répond aux questions d’Actu Toulouse.

Actu : Ce lundi, l’épouse d’une personne atteinte par le virus West Nile en Haute-Garonne, évoquait « un saut dans l’inconnu » pour les malades. C’est la même chose du côté des soignants ?

Guillaume Martin-Blondel : Non, ce virus est un virus connu depuis longtemps, présent de manière historique en Afrique et en Asie. Il a ensuite colonisé les États-Unis il y a 25 ans. Nous avons donc 25 ans de recul grâce à la prise en charge américaine. Depuis les années 2000, le virus est présent en Europe en raison de la migration des oiseaux. Le vecteur du virus, c’est le moustique Culex, celui que l’on entend et qui pique le soir et la nuit. Le problème c’est qu’on n’a pas de traitements disponibles actifs pour le virus. Il n’y a pas de traitement curatif et pas de traitement préventif. On peut seulement traiter les symptômes. Il n’y a pas non plus de vaccin pour les humains, seulement pour les chevaux. Le seul moyen de prévention, c’est d’éviter les piqûres, mettre des répulsifs, dormir sous moustiquaire, lutter contre la prolifération des moustiques.

Comment le CHU de Toulouse prend-il en charge les malades, notamment l’infime part de moins de 1 % qui fait des complications médicales ?

: On n’a pas de traitement comme je vous le disais. Il y a des perspectives de traitement mais ils ne sont pas accessibles. Un travail est en cours. J’imagine que les autorités vont augmenter la cadence sur ce travail. Car le virus West Nile n’est plus une maladie de voyageurs puisque des cas autochtones de plus en plus nombreux sont enregistrés en Métropole et sur des territoires toujours plus étendus.
En attendant d’avoir un traitement, la prise en soins va se concentrer sur le traitement des symptômes (fièvre douleur, symptômes neurologiques, etc...). On applique à la carte, de manière personnalisée selon les patients. Quand il y a des séquelles neurologiques, on peut par exemple leur proposer de la rééducation. Il n’y a pas d’autres traitements.

Le virus peut-il provoquer des rechutes sur le long terme pour les patients infectés ?

: Il n’y a pas d’évolution persistante et chronique pendant des semaines ou des mois. Il y a des cas de figure différents selon les patients. La réponse du traitement peut, par exemple, être moins efficace pour les personnes immunodéprimées ou fragiles. Il peut y avoir aussi un degré de séquelles variables. Il peut y avoir même un décès dans les cas les plus graves. Aux États-Unis, le taux de mortalité atteint de 5 à 10 % avec ce virus.

Le virus West Nile ne peut pas provoquer d’épidémie comme la dengue ou le chikungunya.

Ce virus peut donc avoir de graves conséquences pour les personnes fragiles. Est-il transmissible d’un individu à un autre ?

: Il faut être clair, il n’y a pas de transmission interhumaine car la quantité de virus présente dans l’organisme est trop faible chez l’homme infecté pour qu’un moustique qui piquerait cet individu puisse ensuite infecter quelqu’un d’autre par une autre piqûre. Le virus West Nile ne peut donc pas provoquer d’épidémie comme la dengue ou le chikungunya. C’est en piquant un oiseau, puis un homme que le moustique diffuse le virus.

Y a-t-il des chambres spéciales pour les personnes atteintes du virus au sein du CHU de Toulouse ?

: Non, la prise en charge s’effectue dans une chambre normale car il n’y a pas de transmission interhumaine liée à des moustiques comme pour la dengue. Quand on prend en charge un cas de dengue, la personne dort elle aussi dans une chambre standard mais elle dort sous une moustiquaire.

Les cas détectés ne sont donc que la partie émergée de l’iceberg

Le nombre de cas de West Nile est en augmentation en Haute-Garonne. Une telle hausse était-elle attendue ?

: Cette infection, on sait qu’elle existe. C’était rare il y a quelques années. Il y a une augmentation du nombre de cas ces dernières années. En 2025, on avait pris 2 patients en charge à Rangueil, c’est bien plus cette année avec une dizaine de patients ayant contracté le virus sur notre territoire d’Occitanie, sans voyager. Il y a eu trois cas recensés en Haute-Garonne. C’est un chiffre qui sous estime le nombre de personnes réellement contaminées, car 80 % des gens qui sont touchés par West Nile sont asymptomatiques, certains n’ont que de la fièvre, et seulement moins de 1 % des patients touchés ont des complications. Les cas détectés ne sont donc que la partie émergée de l’iceberg.

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