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Faut-il annuler son vol avec WestJet face à la menace de grève?

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Les avions de WestJet pourraient être cloués au sol à compter de dimanche 0 h 01, heure des Rocheuses (2 h 01 à Montréal). Le syndicat qui représente les quelque 4400 agents de bords de l’entreprise a déposé jeudi un préavis de grève de 72 heures, auquel la compagnie aérienne a répondu avec un préavis de lockout. Pour bien comprendre ce conflit de travail, Le Devoir en discute avec l’expert en aviation John Gradek.

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Y aura-t-il vraiment une grève ?

Il est possible que les deux parties concluent une entente permettant d’éviter une grève ou un lockout d’ici dimanche, le syndicat et la partie patronale s’étant tous deux engagé à poursuivre les négociations.

Il est important de rappeler que les dépôts d’avis de grève et de lockout demeurent « des étapes de négociation », note John Gradek. Les deux parties « veulent mettre de la pression » pour clore les tractations, affirme celui qui a été cadre chez Air Canada et qui est désormais chargé de cours à l’Université McGill.

« Il y a encore une haute probabilité que l’on règle tout avant l’heure fatidique », estime-t-il donc.

Que faire avec ses billets ?

La possibilité d’un débrayage demeure. Et pour ceux qui doivent s’envoler avec WestJet ces prochains jours, la simple possibilité d’une annulation complique leurs plans.

Le conseil que leur donne John Gradek est simple : conservez vos billets et « attendez que WestJet annule ou non votre vol ». Car si c’est la compagnie aérienne qui annule votre vol, elle est dans l’obligation de vous trouver un vol de remplacement dans les 48 dernières heures ou de vous rembourser l’entièreté du vol. Mais attention, « ce remboursement ne couvre que le billet d’avion ! Il n’y a pas de prêt ou de remboursement sur les chambres d’hôtel, les voitures ou d’autres dépenses ».

Puisque le débrayage surviendrait en plein été (et donc en pleine haute saison touristique), WestJet aura fort probablement de la difficulté à trouver des vols de remplacement pour les passagers touchés, estime l’expert en aviation, parce que « tous les vols sont pleins ». Ainsi, un vol reliant Montréal à Vancouver pourrait ainsi fort bien être remplacé par un trajet passant par les États-Unis, « en ajoutant une escale à Chicago, par exemple », explique John Gradek. « C’est la seule façon de trouver de l’espace, et ça vient avec les problèmes liés aux escales, comme les trajets plus longs ou les temps d’attente. »

Ceux qui préféreront être remboursés et se trouver eux-mêmes un vol de rechange risquent d’ailleurs de se heurter aux mêmes difficultés.

En prévision du conflit de travail, WestJet avait déjà annoncé offrir la possibilité aux passagers ayant des vols prévus entre le 30 juillet (jeudi) et le 4 août (mardi) de modifier leur réservation sans frais. Selon M. Gradek, il s’agit surtout d’« une tactique de marketing pour WestJet ». « C’est mieux, pour eux, que d’essayer de vous trouver un siège. Mais ça revient à vous de voir si vous préférez ça. »

Quelle serait l’étendue d’un débrayage ?

S’il y a bel et bien grève ou lockout, les remboursements et achats de sièges de rechange « vont coûter des millions à WestJet », estime l’expert en aviation. Bien que le transporteur aérien n’aura pas à faire voler ses appareils, la facture d’un conflit de travail sera tout de même salée et agira comme levier dans les négociations, dit-il.

WestJet dit assurer plus de 600 vols et transporter jusqu’à 70 000 passagers quotidiennement. Les répercussions d’un conflit de travail sur le reste de l’industrie seront donc moindres que celles du conflit survenu chez Air Canada, qui avait affecté 500 000 passagers en trois jours. « Ce n’est pas la même virgule, mais c’est du monde pareil », résume M. Gradek.

Il ne faudra d’ailleurs pas attendre dimanche pour voir des vols annulés : certains le seront dès vendredi. « Ce sont souvent les vols à destination de l’Europe et de l’Asie qui sont annulés en premier, pour ramener les avions et les équipages au Canada avant le déclenchement officiel de la grève », explique l’ancien cadre chez Air Canada.

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