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Dans un atelier à Iqaluit, l’art de la confection de qajaqs, ou kayaks inuit, renaît de ses cendres.
On y trouve notamment le qajaq de bois d’Izaac Wilman, construit il y a une dizaine d’années selon la méthode de l’ouest du Groenland.
Il y a beaucoup de documentation sur celui de l’ouest du Groenland, c’est donc un bon point de départ, explique Izaac Wilman.
Les chasseurs inuit ont créé ces qajaqs pour chasser plus facilement le phoque et la baleine. Ils ont dû faire preuve d’ingéniosité, en utilisant des matériaux qu’ils avaient sous la main.
Izaac Wilman enseigne désormais la confection de ces embarcations à la Qajakkut Society, une organisation mise sur pied en 2016 dont le but est de faire revivre cet art.
Robert Comeau, lui aussi artisan de qajaqs, raconte qu’Izaac Wilman et lui ont découvert cette pratique grâce à des aventuriers polaires.
Depuis, ils ont appris à les construire par eux-mêmes.
Lors d’une journée portes ouvertes en juillet, on pouvait voir différents styles de qajaqs, comme ceux qui sont construits selon la méthode du sud de l'île de Baffin. Pour fabriquer ces derniers, les artisans ont fait appel à l’expertise d’un aîné de Kimmirut.
Tout provient de variantes régionales et de styles différents, explique Robert Comeau.
C’est vraiment bien, à mesure que nous progressons dans notre parcours d’artisans de qajaqs, on peut utiliser nos connaissances pour faire la lumière sur ces qajaqs du sud de l’île de Baffin.
Des différences majeures
Un seul regard suffit pour constater les multiples différences entre les deux styles de qajaqs.

Le qajaq de l'ouest du Groenland (à gauche) est plus petit que celui du sud de l'île de Baffin (à droite).
Photo : Radio-Canada / Rafael Ferraz
Selon Robert Comeau, celui du sud de l’île de Baffin est un des plus gros à travers la région. Il a été confectionné pour résister à de grandes marées et pour transporter davantage de phoques.
Le rebord de ce qajaq est également plus étroit, et en forme de d. Izaac Wilman croit que c'était pour que les chasseurs puissent plus facilement glisser leur fusil dans l’embarcation. Le qajaq de l'ouest du Groenland est plus petit et possède un bord plus arrondi, poursuit Izaac Wilman.
Les deux artisans voyagent à travers le Nunavut pour présenter leur travail et ont rapidement constaté que leurs qajaqs ravivaient beaucoup de souvenirs.
Des gens viennent nous voir pour nous dire : ''Oh, je me souviens que mon grand-père en avait un'', ou ''je me souviens que mon père en avait un'', ou encore ''je me souviens d'avoir voyagé à l'intérieur et de m'être endormi au son du qajaq'', relate Robert Comeau.
Faire rayonner le savoir
Entendre ces histoires rappelle à Robert Comeau son héritage, mais aussi la façon dont les Inuit ont traversé les époques.
Pour lui, pas question que cet art devienne chose du passé.

Izaac Wilman est fasciné par les différences de conceptions de qajaqs dans l'Inuit Nunangat.
Photo : Radio-Canada / Rafael Ferraz
La confection de ces qajaqs nécessite cependant des investissements, soutient Robert Comeau, afin d’obtenir les bons matériaux et l'espace nécessaire à leur construction.
S’il aime enseigner cet art, il aimerait que ces connaissances soient maîtrisées de tous et que ces qajaqs s'inscrivent à nouveau dans le quotidien de sa communauté.
J’adorerais voir des pères enseigner cet art à leurs fils, et des mères l’enseigner à leurs filles, mentionne-t-il.
D'après un texte (nouvelle fenêtre) de Samuel Wat


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