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Faillite de F.F. Soucy : où iront les copeaux de bois?

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La faillite récente de la papetière F.F. Soucy de Rivière-du-Loup soulève des inquiétudes dans les scieries de la Gaspésie et du Bas-Saint-Laurent. L’industrie forestière appréhende une surabondance de copeaux sur les marchés et une chute des prix de ce sous-produit du bois.

Les usines de sciages de la région étaient nombreuses à vendre leurs copeaux de bois à la papetière de Rivière-du-Loup, propriété de Papiers White Birch.

Le Groupe Lebel, qui possède la scierie de Nouvelle, était l'un des principaux fournisseurs de copeaux de la papetière.

Pour nous, la fermeture de l’usine, ça a été un coup dur, affirme le directeur de la croissance et de l'innovation chez Groupe Lebel, Pierre-Olivier Morency.

Depuis la fermeture de F.F. Soucy en juillet, l’entreprise forestière indique qu'elle a été en mesure de réacheminer les copeaux de son usine gaspésienne vers des papetières du Nouveau-Brunswick, soit Twin Rivers d’Edmunston et AV Cell d’Atholville.

Selon le Groupe Lebel, l'écoulement des copeaux pourrait toutefois se complexifier à plus long terme.

Actuellement, ce qu’on voit, avec la fermeture de F.F. Soucy, c’est un genre de débalancement du marché traditionnel.

La question sera de voir comment les marchés vont se rebalancer et se repositionner pour la suite, ajoute M. Morency. À court terme, ce n’est pas un enjeu, on est capable de vendre nos sous-produits, mais ça sera de voir comment cela va évoluer dans le temps.

Du bois d'oeuvre entassé sur les terrains de l'usine de Cédrico à Price

Des copeaux sont générés dans les usines de Cedrico à Price et Causapscal. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Sébastien Ross

Chez Cedrico, le tiers des 75 000 tonnes de copeaux produits annuellement était acheminé vers la papetière F.F. Soucy de Rivière-du-Loup, soit l’équivalent de 2000 chargements de camion.

Ce n’est pas juste les 2000 vans de Cedrico qui sont problématique, ce sont 16 000 vans de copeaux par année qui rentraient chez F.F. Soucy, lance le président-directeur-général, Denis Bérubé.

Le problème n’est pas juste pour Cedrico, mais elle est partout au Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie. C’est une grosse perte pour l’industrie forestière.

Denis Bérubé indique déjà que Cedrico songe à relancer le transport de copeaux par train pour tenter d'atteindre des marchés plus à l'ouest en province.

À l’époque, on avait une voie ferrée à l’usine de Causapscal où on chargeait des wagons, on veut se remettre en route avec ça, pour nous permettre d’atteindre des papetières qui acceptent des wagons, à plus grande distance, affirme le PDG de Cedrico.

Denis Bérubé

Le président-directeur général de Cédrico, Denis Bérubé, tente de trouver des marchés alternatifs pour les copeaux de bois. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Sébastien Ross

Selon lui, les papetières du Nouveau-Brunswick ne sont pas en mesure d’absorber le surplus de copeaux de la Gaspésie et du Bas-Saint-Laurent.

M. Bérubé considère également développer des projets à l'interne pour valoriser les copeaux, mais refuse de donner plus de détails pour l'instant.

Un impact global

De son côté, Damabois vendait un faible volume de copeaux à la papetière en faillite, mais son directeur de l'approvisionnement, Harold Truchon, souligne lui aussi que toute l'industrie forestière de la région en subira les conséquences à long terme .

C’est un jeu d’offre et de demande, dit-il. Quand l’offre devient forte, il y a une pression sur les prix. Il y a des usines de sciages qui ont annoncé des ralentissements, donc, dans les prochaines semaines, il y a aura peut-être un peu moins de copeaux à mettre en marché, mais quand le marché se rétablira, on sait que ça va amener une pression permanente.

Usine GDS de Matane

Le Groupe GDS craint aussi les impacts sur le marché des copeaux. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

Quant au Groupe GDS, qui exploite plusieurs usines en Gaspésie et au Bas-Saint-Laurent, il se dit moins touché par la fermeture par la faillite de F.F. Soucy que certains de ses compétiteurs. L’entreprise exploite une usine de granules de bois à Lac-au-Saumon qui lui permet de valoriser environ 50 % de ses copeaux.

Ce qui nous affecte le plus dans cette fermeture, c’est qu’il va y avoir un surplus de copeaux sur le marché, donc probablement une diminution de prix par les autres papetières, écrit par courriel le président-directeur général, Sylvain Deschênes.

La coopérative forestière de Saint-Elzéar existe depuis 1944.

La coopérative forestière de Saint-Elzéar écoule ses copeaux au Nouveau-Brunswick. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

Même son de cloche du côté de l’Association coopérative forestière de Saint-Elzéar qui, bien qu’elle n’avait pas de lien d’affaires avec F.F. Soucy, appréhende des changements sur les marchés.

La fermeture de l’usine F.F. Soucy aura un impact sur l’offre et la demande de copeaux dans l’est du Québec et les Maritimes, donc possiblement des répercussions à venir pour la coopérative à moyen et long terme, note par courriel le directeur Christian Bourdages.

L’éternelle question des sous-produits

La faillite de F.F. Soucy n’est pas sans relancer la question de la valorisation des sous-produits du bois, à l’ère du déclin de l’industrie des pâtes et papiers.

Historiquement, les scieurs primaires ont toujours vendu leurs copeaux aux papetières, mais ce qu’on voit depuis quelques années c’est un déclin du marché traditionnel, mentionne le directeur croissance et innovation chez Groupe Lebel, Pierre-Olivier Morency,

Une pelle mécanique travaille à étendre les copeaux dans une montagne de copeaux de bois pendant que la machine continue d'en ajouter. L'usine créée un nuage de condensation dans le ciel.

L'industrie du sciage génère de nombreux sous-produits, dont les copeaux, mais les marchés pour les valoriser sont limités. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Myriam Ouellette

Selon lui, l’industrie primaire de la transformation du bois va devoir faire une introspection .

Est-ce qu’on veut continuer d’acheminer des copeaux vers des papetières ou aller vers d’autres marchés? Je ne vous cacherai pas que c’est plus simple à dire qu'à faire, indique M. Morency.

Il n’y a pas beaucoup de preneurs et il n’y a pas de grands produits annoncés de modernisation qui pourraient venir consommer une partie importante des sous-produits, dont les copeaux, se désole-t-il.

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