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La Colombie-Britannique et l'industrie forestière sont frappées de plein fouet par les nouveaux tarifs douaniers américains. Des représentants du secteur forestier britanno-colombien craignent la perte de milliers d'emplois.
En plus d'écoper de tarifs de 45 % sur le bois d'oeuvre, les entreprises du secteur forestier doivent également faire face à des tarifs de 50 % sur les produits de bois transformés.
Au total, selon la Colombie-Britannique, près de 14 % de toutes ses exportations sont touchées par les tarifs de l'administration Trump. Selon les calculs de l'expert et conseiller David Elstone, cela représente un milliard de dollars d'exportations de produits forestiers vers les États-Unis.
M. Elstone estime que cette nouvelle vague de tarifs est stratégique de la part des Américains, puisque la Colombie-Britannique et l'industrie ont mis les bouchées doubles pour transformer leur bois afin de contourner les tarifs qui pèsent sur le bois d'oeuvre.
Absolument, sans équivoque, c'est la pire situation dans laquelle nous nous soyons jamais trouvés. Ces tarifs sapent vraiment nos efforts de diversification. La situation est telle qu'au cours des 30 derniers jours environ, nous avons vu trois usines fermer en Colombie-Britannique.
M. Elstone fait notamment référence aux deux installations du géant forestier Domtar sur la côte Sunshine et à l'usine de pâte à papier de Northwood, près de Prince George.
Dallas Smith, le président du conseil de Nanwakolas, qui représente six Premières Nations, affirme que ces fermetures et ces réductions d'activités dans les scieries ont eu un effet domino dévastateur sur les partenariats entre les entreprises forestières et les communautés autochtones.
Tous les arbres que nous récoltons ne seront pas transformés, ce qui signifie qu'ils ne seront pas vendus, ce qui veut dire que nous n'obtiendrons pas les revenus sur lesquels nous comptions pour financer les services sociaux au sein de notre communauté, pour bonifier les fonds pour l'éducation, pour construire des maisons.
Il ajoute que les Premières Nations ont subi une hausse d'environ 45 % de leurs coûts d'exploitation depuis la première vague de tarifs douaniers américains.
C'est au point où nous essayons de développer des accords avec les communautés autochtones aux États-Unis, précise M. Smith.
David Elstone précise que le Canada doit tout de même continuer de diversifier ses marchés (nouvelle fenêtre) autres que les États-Unis, mais il s'agit d'une stratégie à long terme. Ça prend du temps, bâtir des relations avec de nouveaux pays, et chacun a besoin de différents produits, explique le conseiller forestier.
L'industrie forestière britanno-colombienne n'est pas, non plus, compétitive sur le marché mondial, d'après M. Elstone et Kim Haakstad, la présidente du Conseil des industries forestières de la province.
La Colombie-Britannique a récemment réduit les possibilités annuelles de coupe de près de 50 % dans certaines régions spécifiques, comme la zone d'approvisionnement en bois de Kispiox près de Hazelton, afin de favoriser une gestion forestière durable.
En plus de l'accès plus limité aux arbres, les deux experts soulignent aussi les règles administratives, comme le feu vert environnemental et les permis qui augmentent considérablement les coûts pour les entreprises.
Si quelqu'un veut exporter un produit transformé, comme une porte en bois, c'est plus économiquement viable de l'envoyer aux États-Unis. Mais si nous ne pouvons plus vendre à notre voisin le plus proche, on doit voir avec les gouvernements provincial et fédéral comment réduire ces barrières pour continuer à transformer notre bois localement.
En plus de revoir la coupe des arbres, Kim Haakstad demande à Victoria et à Ottawa de soutenir les entreprises pour prévenir l'effondrement de l'industrie.
C'est ce que promet l'ancienne ministre des Finances, Brenda Bailey, qui a pris les rênes du portefeuille de l'Emploi.
Elle affirme qu'elle attend de voir quelles seront les mesures annoncées par le gouvernement de Mark Carney pour soutenir les industries touchées par la nouvelle vague de tarifs.
Nous devons voir exactement ce que [le fédéral] va déployer, puis la Colombie-Britannique a l'intention de combler les lacunes. Pensez à la période de la COVID-19, nous avons été capables de mettre sur pied des programmes pour éviter que les portes ne se ferment et pour maintenir les gens à flot.
Dans ce contexte, comment la province peut-elle soutenir l'industrie forestière alors qu'elle fait face à un déficit de 13,3 milliards de dollars?
Le gouvernement néo-démocrate affirme qu'il pourrait se tourner vers son fonds de prévoyance qui s'élève à cinq milliards de dollars pour l'année 2026-2027.
Cet argent sert à couvrir les coûts imprévus et les urgences, comme ça été le cas lors de la pandémie, des renégociations de conventions collectives et des feux de forêt.


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