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Face aux incendies, des Québécois témoignent de l’entraide dans l’Okanagan

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À Peachland, à Kelowna et à Penticton, des Québécois établis dans la vallée de l’Okanagan vivent au rythme des incendies qui ravagent la Colombie-Britannique. Alors qu’ils se tiennent prêts à évacuer, ils témoignent de la solidarité qui s’organise autour des personnes touchées par les flammes.

« Il y a un esprit très fort d’entraide dans la communauté », témoigne Véronique Verreault, originaire de Montréal et installée à Peachland, qui se trouve en zone orange, sous alerte d’évacuation. « Notre travail à nous, c’est vraiment de se surveiller entre nous, de s’entraider. »

« Les gens à Kelowna et partout dans l’Okanagan se mettent ensemble et [se demandent] : “Qu’est-ce qu’on peut faire ?” », explique Christine Cloutier, originaire de la Gaspésie et établie à Kelowna depuis 23 ans.

Les feux de forêt continuent de ravager la Colombie-Britannique, en particulier la vallée de l’Okanagan où se déploient plusieurs foyers d’incendies majeurs. Selon le décompte du B.C. Wildfire Service, 104 feux sont actifs dans la province, dont cinq qui se sont déclarés dans les 24 dernières heures. Une quarantaine de brasiers sont toujours non maîtrisés.

Au total, plus de 388 000 hectares de forêt ont été brûlés en Colombie-Britannique depuis le début de l’année. Dimanche, une femme de 80 ans a perdu la vie lors de l’évacuation du district de Summerland.

« L’entraide vient de partout »

« On est impuissants », confie Mme Verreault. « Ce sont des temps stressants. » Malgré cette impression d’impuissance, elle constate que la communauté se mobilise pour venir en aide aux personnes évacuées ou en voie de l’être.

« Les gens offrent leur aide, offrent ce qu’ils ont ou [indiquent] ce qu’ils recherchent », dit-elle.

Une quarantaine d’évacuations ont été ordonnées depuis le début de la saison estivale, forçant plus de 22 000 personnes à quitter leur domicile. Une cinquantaine de localités sont également en alerte et se préparent à d’éventuelles évacuations d’urgence.

« L’entraide vient de partout, que ce soit une église, une entreprise, les gens, ils donnent, ils offrent leur temps, leurs services, leur voiture pour aider à aller chercher les animaux [abandonnés] », affirme pour sa part Mme Cloutier.

Jézabel Pouliot, copropriétaire de la succursale Chocolats Favoris à Kelowna, voit elle aussi cette mobilisation prendre forme. Plusieurs organismes récoltent des dons, qu’il s’agisse de vêtements, de couches pour bébés ou de la nourriture, explique-t-elle. Avec son conjoint, elle a notamment donné plusieurs gâteaux de la marque québécoise à ces organismes.

Mais pour Mme Pouliot, l’aide ne s’arrêtera pas lorsque les flammes auront été maîtrisées. « On sait qu’il y aura beaucoup plus de travail à faire après [les incendies] », affirme-t-elle, se disant aussi « impuissante ». « Pour nous, ça va peut-être être plus de soutenir les résidents à ce niveau-là », ajoute-t-elle, évoquant notamment la reconstruction et le nettoyage des zones touchées par les flammes.

« Du jamais vu »

Au-delà de l’entraide, ces Québécois établis dans la région disent avoir été frappés par la rapidité avec laquelle la situation s’est détériorée.

« Ce qu’on vient de voir en même pas deux semaines, c’est du jamais vu », estime Mme Cloutier. « Les gens ont été évacués en quelques heures, c’était assez intense. » Kelowna n’est pas directement touchée par les incendies, pour le moment. La ville se situe toutefois au milieu de deux importants brasiers, de l’autre côté du lac Okanagan.

Pour Alain Cloutier — qui n’a aucun lien de parenté avec Christine Cloutier —, « c’est la pire fois en cinq ans ». Originaire de Saint-Sauveur, il passe tous ses hivers et certains étés à Penticton.

Le Québécois explique avoir rassemblé ses affaires dès samedi pour être prêt à évacuer la ville avec sa femme. Au téléphone, lundi, il dit se sentir « moins inquiet » qu’il y a deux jours. « On voit le lac [aujourd’hui], ça fait trois jours qu’on ne le voyait pas », raconte-t-il en évoquant la fumée qui enveloppait la région. Toutefois, « ça peut changer très vite », rappelle-t-il.

Même son de cloche pour Mme Verreault, qui a passé une « nuit blanche » dans la nuit de vendredi à samedi à faire ses valises en prévision d’un éventuel ordre d’évacuation. « J’ai vu le feu traverser l’autoroute à Summerland [vendredi], c’était épouvantable », confie-t-elle.

Lundi, à l’instar de M. Cloutier, elle dit ressentir un peu d’« espoir ». « C’est la meilleure visibilité que j’ai depuis le début sur les montagnes », indique-t-elle.

La dernière mise à jour de la province fait toutefois craindre une détérioration de la situation. Des orages secs, c’est-à-dire de la foudre sans précipitations, sont attendus à plusieurs endroits et pourraient provoquer de nouveaux incendies. Des températures chaudes et de forts vents sont également annoncés pour la région de l’Okanagan et dans le sud-est de la province.

Avec Benoit Valois-Nadeau

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