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Par Le Figaro avec AFP
Le 10 mai 2026 à 15h04
Alors que les bénéfices du géant pétrolier relancent le débat sur les «superprofits», le coordinateur de LFI estime que l’État pourrait reprendre le contrôle du groupe pour environ 70 milliards d’euros.
Passer la publicité Passer la publicitéLe coordinateur de LFI Manuel Bompard a estimé dimanche 10 mai qu'une nationalisation du géant pétrogazier TotalEnergies était une «option tout à fait envisageable» et une opération qui serait «extrêmement rentable» pour l'État. Pour nationaliser, il ne s'agit «pas de racheter 100% de sa capitalisation boursière» (174 milliards d'euros, NDLR), relève le responsable insoumis, invité du Grand Rendez-vous Europe 1/CNews/Les Échos. Il évalue le montant que devrait débourser l'État à «70 milliards» d'euros.
Or, TotalEnergies, «c'est 100 milliards sur les dix dernières années de dividendes distribués à des actionnaires principalement anglo-saxons», a-t-il ajouté, citant l'un des principaux, le fonds d'investissement américain BlackRock. Une nationalisation est donc, selon lui, «une option tout à fait envisageable» et qui sera «extrêmement rentable». «Si vous achetez une entreprise et qu'en moins de 10 ans elle a déjà remboursé le coût de l'achat, c'est plutôt une bonne affaire», a-t-il détaillé, souhaitant aussi que l'État ait «une maîtrise stratégique» des groupes pétroliers dans le contexte géopolitique actuel.
«La taxation ne fonctionne pas», tacle Élisabeth Borne
Dopé par la flambée du prix des hydrocarbures, le français TotalEnergies a dégagé au premier trimestre 2026 un bénéfice record de 4,96 milliards d'euros (+51% sur un an), relançant le débat sur l'opportunité de taxer les «superprofits» liés à la guerre au Moyen-Orient. Le groupe a prévenu qu'en cas d'instauration d'une telle taxe, il ne pourrait «pas maintenir» son plafonnement du prix des carburants.
Un plafonnement est en vigueur depuis le 8 avril à 1,99 euro par litre d'essence et à 2,25 euros par litre de diesel, dans toutes les stations-service TotalEnergies en France. Le groupe a lancé cette politique de plafonnement en 2023, en pleine flambée des prix liée à la guerre en Ukraine. «La voie de la taxation ne fonctionne pas», a commenté sur RTL l'ex-première ministre Élisabeth Borne, soulignant que le groupe réalise une grande partie de ses bénéfices hors de France. «Par contre, encourager Total à poursuivre le plafonnement de ses prix à la pompe, ça, c'est concret pour les Français».
Sur France 3, invité de Dimanche en politique, l'ancien président François Hollande a appelé le gouvernement à donner davantage de «visibilité» aux Français, pénalisés par la hausse des prix à la pompe. Il faut donner de «la visibilité jusqu'au mois de juillet», a-t-il déclaré, appelant à «élargir l'aide à tous les secteurs impactés» et pour les particuliers à «des chèques largement ciblés et beaucoup plus importants» que ceux envisagés.


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