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Les juifs sont devenus les leaders de l’occident et du monde moderne : les guerres et les débats actuels le démontrent, ainsi que notre économie de « manipulateurs de symboles » (voir Robert Reich et mon livre sur Internet qui commençait par « le web entre bible et kabbale »). Le nombre exorbitant de prix Nobel pour un peuple constituant 0.2% de la population mondiale est aujourd’hui reconnu. On parle souvent des larmes d’Esaü, pour reprendre le titre du grand livre d’Albert Lindemann. Mais les Juifs qui allaient faire du vingtième siècle le siècle juif (lire et relire Yuri Sletzkine par exemple) avaient aussi leurs admirateurs vers 1890. On connaît le philosémitisme de Nietzche qui écrit ces phrases célèbres dans Par-delà le bien et mal :
« Or, les juifs sont incontestablement la race la plus énergique, la plus tenace et la plus pure qu’il y ait dans l’Europe actuelle ; ils savent tirer parti des pires conditions — mieux peut-être que des plus favorables, — et ils le doivent à quelqu’une de ces vertus dont on voudrait aujourd’hui faire des vices, ils le doivent surtout à une foi robuste qui n’a pas de raison de rougir devant les « idées modernes » ; ils se transforment, quand ils se transforment, comme l’empire russe conquiert : la Russie étend ses conquêtes en empire qui a du temps devant lui et qui ne date pas d’hier, — eux se transforment suivant la maxime : « Aussi lentement que possible ! » Le penseur que préoccupe l’avenir de l’Europe doit, dans toutes ses spéculations sur cet avenir, compter avec les juifs et les Russes comme avec les facteurs les plus certains et les plus probables du jeu et du conflit des forces. »
Certes, Nietzsche peut – comme Léon Bloy, apprécié de Kafka, pour qui le salut vient des Juifs -, écrire des pages antisémites.
J’en viens alors à un admirateur inconditionnel, Marx Twain, qui décrit dans un bref essai sur les Juifs la supériorité de ce peuple « au destin de fer » (Bloy) :
« Du temps de Jean sans Terre, dans une Angleterre ignorante et bornée, chacun était le débiteur du Juif. Toutes les entreprises lucratives étaient entre ses mains ; il était le roi du commerce ; il offrait son aide dès qu’une affaire promettait un profit ; il alla même jusqu’à financer des croisades destinées à libérer le Saint Sépulcre. Pour effacer la dette de la nation et restaurer l’incompétence des pratiques traditionnelles, il fallait le bannir du royaume. »
Le chrétien, surtout européen, est systématiquement inférieur au Juif, conte l’auteur de Tom Sawyer :
« C’est pour ces mêmes raisons que l’Espagne se vit dans l’obligation de le chasser il y a quatre cents ans, et l’Autriche quelques siècles plus tard. De tout temps, l’Europe chrétienne fut obligée de restreindre les activités du Juif. S’il entrait dans le commerce d’outils, les Chrétiens devaient s’en retirer. S’il s’établissait comme médecin, il était le meilleur, et raflait la clientèle. S’il se lançait dans l’agriculture, les autres fermiers devaient se mettre à une autre activité. Et comme on ne réussissait jamais à prendre sur lui le dessus dans aucun domaine, on fut contraint de faire appel à la loi afin d’épargner au Chrétien l’hospice des pauvres. »
Comme le rédacteur de Wikipédia, Twain évoque une distorsion impressionnante :
« Si les chiffres sont exacts, les Juifs constituent à peine un pour cent du genre humain. Il faut s’imaginer une pâle et nébuleuse poussière d’étoiles, perdue dans la vive lumière de la Voie Lactée. Normalement, on ne devrait même pas entendre parler des Juifs. Pourtant, on entend parler d’eux, et il en a toujours été ainsi. Le peuple juif est de la même importance sur notre planète que tous les autres peuples, et son importance dans le commerce est extraordinairement disproportionnée si on considère sa petite taille. »
Le rôle juif est important dans tous les domaines :
« Sa présence sur la liste des grands noms de la littérature, des arts, des sciences, de la musique, de la finance, de la médecine et des spécialités absconses est également hors de proportion au regard du nombre d’individus qui le composent. De tout temps, il a mené un extraordinaire combat dans le monde, et il l’a mené pieds et poings liés. Il en tirerait vanité qu’on devrait lui pardonner. »
Surtout, le juif dure ; c’est ce que remarque aussi Léon Bloy :
« Les Égyptiens, les Babyloniens et les Perses ont prospéré, ils ont empli le monde de bruit et de splendeur, puis ils se sont effacés comme le font les rêves et ont disparu. Ils furent suivis des Grecs et des Romains, qui firent grand bruit, et puis se turent. D’autres peuples sont nés, leur éclat s’est répandu un temps, puis s’est terni et, à présent, ils vivent dans une semi-obscurité ou se sont éteints. Le peuple juif les a tous vus, les a tous battus, et reste maintenant ce qu’il a toujours été. Il ne montre aucun signe de décadence, l’âge ne le rend pas infirme, ses membres ne sont pas affaiblis, son énergie ne ralentit pas, son esprit ne s’émousse pas, il reste vif et combatif. Toute chose est mortelle, sauf le Juif. Toutes les forces passent, mais il demeure. Quel est le secret de son immortalité ? »
Il semble en effet qu’islam (à part l’exception chiite que le Donald veut corriger) et christianisme disparaissent ou se fondent dans la masse spirituelle indifférenciée ; pas le judaïsme.
Mais Twain sur un aspect amusant (on a toujours l’impression que les juifs sont 10 ou cent fois nombreux qu’ils ne sont) :
« J’ai quelques soupçons qui, quoiqu’ils ne soient pas de première main, m’ont accompagné durant ces dix ou douze dernières années. Quand j’ai lu dans l’Encyclopaedia Britannica que la population juive des États-Unis se montait à 250 000 âmes, j’ai adressé une lettre à l’éditeur pour lui expliquer que, personnellement, je connaissais davantage de Juifs dans mon propre pays, et qu’il y avait sans aucun doute une erreur d’impression, que le chiffre était de 25 millions. J’ajoutais que j’en connaissais au moins, pour ma part, un aussi grand nombre, mais cela était plutôt destiné à gagner sa confiance, car ce n’était pas vrai. »
Twain trouve le juif apolitique encore à son époque :
« Le Juif opprimé méritait toute notre compassion du temps où sévissaient des autocraties violentes, car il était alors faible et isolé, et n’avait aucun moyen de se défendre. Mais, à présent, il en a les moyens, il les a depuis un siècle, mais je constate qu’il ne manifeste aucune volonté de les mettre en œuvre. Quand, en France, sous la Révolution, la liberté lui fut accordée, ce fut un acte de pure générosité, venu du peuple ; il ne semble y avoir joué aucun rôle actif. Que je sache, en Angleterre non plus il n’a pas été acteur de sa libération. En France, douze hommes sains d’esprit, avec le grand Zola à leur tête, se sont insurgés et ont livré une bataille (que je crois, et que, j’espère, ils ont gagnée) contre l’accusation la plus ignoble de notre époque concernant un Juif : avez-vous constaté, parmi eux, la participation d’un seul Juif riche ou illustre ? »
Beaucoup d’auteurs (les antisémites !) ne seraient pas d’accord. Et sur l’Allemagne qui va s’illustrer comme sait dans le domaine de l’antisémitisme Twain écrit :
« Je suis persuadé qu’en Russie, en Autriche et en Allemagne, les neuf dixièmes de l’hostilité envers les Juifs prennent leur origine dans l’incapacité où se trouve le Chrétien moyen de prendre le dessus sur le Juif moyen dans les affaires, que ces affaires soient honnêtes ou douteuses. Il y a quelques années, à Berlin, j’ai lu un discours qui exigeait sans ambages que les Juifs soient expulsés d’Allemagne ; et les raisons qu’invoquait l’agitateur étaient aussi tranchées que sa proposition.
Les voici : 85% des avocats en vue à Berlin étaient juifs, et environ le même pourcentage de toutes les grandes entreprises commerciales qui prospéraient en Allemagne appartenaient à la race juive ! N’est-ce pas un aveu extraordinaire ? Ce n’était qu’une autre manière de dire que, sur une population de 48 millions d’habitants, dont 500 000 seulement étaient répertoriés comme Juifs, 85% de l’intelligence et de l’honnêteté de l’ensemble étaient concentrés chez les Juifs. »
John Buchan écrit lui dans les Trente-neuf marches (passage sagement oublié par Hitchcock…) :
« Les Juifs sont partout, mais il faut descendre jusqu’au bas de l’escalier de service pour les découvrir. Prenez par exemple une grosse maison d’affaires germanique. Si vous avez à traiter avec elle, le premier personnage que vous rencontrez est le Prince von und zu Quelque chose, un élégant jeune homme qui parle l’anglais le plus universitaire – sans morgue toutefois. Si votre affaire est d’importance, vous allez trouver derrière lui un Westphalien prognathe au front fuyant et distingué comme un goret. C’est là l’homme d’affaires allemand qui inspire une telle frousse à vos journaux anglais. Mais s’il s’agit d’un trafic tout à fait sérieux qui vous oblige à voir le vrai patron, il y a dix contre un à parier que vous serez mis en présence d’un 14 petit Juif blême au regard de serpent à sonnettes et affalé dans un fauteuil d’osier. Oui, monsieur, voilà l’homme qui dirige le monde à l’heure actuelle, et cet homme rêve de poignarder l’Empire du Tzar, parce que sa tante a été violentée et son père knouté dans une masure des bords de la Volga… »
On répète les dernières lignes fascinantes et provocantes du grand écrivain :
« Le peuple juif les a tous vus, les a tous battus, et reste maintenant ce qu’il a toujours été. Il ne montre aucun signe de décadence, l’âge ne le rend pas infirme, ses membres ne sont pas affaiblis, son énergie ne ralentit pas, son esprit ne s’émousse pas, il reste vif et combatif. Toute chose est mortelle, sauf le Juif. Toutes les forces passent, mais il demeure. Quel est le secret de son immortalité ? »
Bloy lui écrit à ce sujet ces lignes extraordinaires :
« …aucun espoir de les démolir. On l’a suffisamment essayé, n’est-ce pas ? et l’expérience d’une soixantaine de générations est irrécusable. Des maîtres à qui rien ne résistait entreprirent de les effacer. Des multitudes inconsolables de l’Affront du Dieu vivant se ruèrent à leur tuerie. La Vigne symbolique du Testament de Rédemption fut infatigablement sarclée de ces parasites vénéneux ; et ce peuple disséminé dans vingt peuples, sous la tutelle sans merci de plusieurs milliers de princes chrétiens, accomplit, tout le long des temps, son destin de fer qui consistait simplement à ne pas mourir, à préserver toujours et partout, dans les rafales ou dans les cyclones, la poignée de boue merveilleuse dont il est parlé dans le saint Livre et qu’il croit être le Feu divin… »
Mitterrand parla lui (voyez mon Grand initié…) de ce peuple qui a tant de fois su mourir pour renaître. On verra comment se finira (ou se perpétuera) l’épisode du sionisme.
Sources :


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