D'après les informations du groupe EBRA (dont fait partie notre journal), le conflit au Moyen-Orient occasionne un surcoût de 200 millions d’euros par mois à l’armée française.

Étienne Ouvrier - Aujourd'hui à 20:00 | mis à jour aujourd'hui à 21:18 - Temps de lecture :

Le coût d’un missile Mica embarqué sur les Rafale français est estimé à 600 000 euros. Photo d'illustration Sipa/Eliot Blondet-pool Le coût d’un missile Mica embarqué sur les Rafale français est estimé à 600 000 euros. Photo d'illustration Sipa/Eliot Blondet-pool

La guerre, ça coûte cher… même quand on ne la fait pas. Selon les informations du groupe EBRA (dont fait partie notre journal), le conflit au Moyen-Orient occasionne 200 millions d’euros de surcoût par mois à l’armée française. Un chiffre qui pourrait être revu à la hausse si le prix du baril de pétrole venait à se maintenir au niveau actuel ou à augmenter.

La France s’est bien gardée de devenir belligérante du conflit qui oppose Israël et les États-Unis à l’Iran depuis le 28 février. Pour autant, elle est bien présente dans la région où elle s’astreint à une « posture défensive ».

Présente aux Émirats arabes unis, à Djibouti, au Liban, en Jordanie ou encore en Irak, l’armée française a eu à protéger certaines de ses bases dans la région, prises pour cible par des frappes iraniennes. Aussi, la France s’est employée à honorer les accords de sécurité conclus avec les pays de la région comme les Émirats arabes unis, le Qatar ou le Koweït. En plus de sa présence terrestre, Paris a décidé début mars du déploiement en Méditerranée orientale du porte-avions Charles-de-Gaulle et de huit frégates. Si le porte-avions est à propulsion nucléaire, les autres navires demandent une quantité importante de carburant.

À suractivité militaire… surcoût budgétaire

Une suractivité militaire forcément coûteuse. D’autant plus que l’armée française, comme les autres armées occidentales, a été prise de court par les drones Shahed iraniens. Pour abattre ces bombes volantes, envoyées en nombre et dont le coût de production est estimé à 25 000 euros, l’armée française utilise ses missiles Mica qui coûtent plus de 600 000 euros, embarqués sur les Rafale dont le coût de l’heure de vol est estimé à 15 000 euros… Le chiffre de 200 millions d’euros par mois, glané auprès d’une source proche du dossier, comprend le coût des munitions et leur rachat. À titre de comparaison, le New York Times a estimé que l’engagement américain en Iran coûtait plus d’un milliard de dollars par jour. « Ce qui coûte, lors d’opération extérieure, ce sont les munitions, les vols de Rafale et la maintenance en condition opérationnelle. » À cela s’ajoute la solde des soldats français mobilisés, qui augmente lorsqu’ils sont projetés sur les théâtres d’opérations.

Pour absorber ce dépassement budgétaire, comme d’autres (Emmanuel Macron avait notamment annoncé le 2 mars dernier l’augmentation du nombre de bombes nucléaires françaises), une révision de la Loi de programmation militaire (LPM) qui fixe le budget alloué aux armées sur la période 2024-2030 est en discussion, depuis ce mardi, à l’Assemblée nationale.

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