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À quasiment mi-mandat, Ursula von der Leyen a prononcé ce mercredi son discours annuel sur l’état de l’Union devant le Parlement réuni en plénière à Strasbourg et en présence du Premier ministre canadien Mark Carney. Et si la présidente de la Commission européenne s’est montrée volontaire sur la défense des valeurs européennes, beaucoup de députés sont restés sur leur faim sur des sujets comme l’environnement, l’immigration ou le pouvoir d’achat.
Verena von Derschau - Aujourd'hui à 18:30 - Temps de lecture :
« À côté de la plaque », pour Manon Aubry (LFI), « lamentable », selon David Cormand (les Verts), « le sentiment général d’un discours fatigué », ressenti par Christophe Clergeau (Socialiste) : les députés européens français n’ont pas mâché leurs mots pour qualifier le discours d’Ursula von der Leyen, ce mercredi. Seule Laurence Farreng pour le groupe centriste a relevé « un volet fort sur l’indépendance européenne », tandis que François-Xavier Bellamy (LR) a loué « une insistance sur l’enjeu du climat ». Il n’y a que la proposition de la Commission d’interdire à l’avenir les réseaux sociaux aux enfants de moins de 13 ans et de restreindre leur accès aux moins de 15 ans qui semble avoir trouvé grâce aux yeux de tous. Même si Manon Aubry a regretté que le futur « Kids Act », dont les détails seront présentés jeudi, « ne demande pas de comptes aux plateformes mais fait peser la responsabilité sur les jeunes ».
« C’était le meilleur et le pire des temps » : c’est en citant Charles Dickens qu’Ursula von der Leyen a entamé son marathon oral pour résumer l’état de l’Union européenne en 2026. « Une Europe plus forte et plus indépendante est aujourd’hui en train d’émerger », espère la chrétienne démocrate allemande, citant la défense, le soutien à l’Ukraine ou la libération de sa « dépendance toxique aux combustibles fossiles russes ». D’un autre côté, elle a n’a pas omis les points noirs comme le déficit commercial avec la Chine qui « s’élève aujourd’hui à un milliard d’euros par jour », les importations de pétrole et de gaz qui ont coûté 90 milliards d’euros supplémentaires depuis la fermeture du détroit d’Ormuz, les « cyberattaques et sabotages, incendies criminels et incursions de drones […] chaque jour plus nombreuses ».
Pour y remédier, Ursula von der Leyen a notamment proposé la création d’un Conseil de sécurité européen, associant l’UE, le Canada, la Norvège et le Royaume-Uni, et veut doter l’Europe de son propre article instituant « un protocole de sécurité d’urgence », décrit comme un appui complémentaire à l’article 4 de l’Otan.
Lutter contre les vagues de chaleur
À la recherche de nouveaux partenariats, elle souhaite également « ouvrir la porte au Canada pour qu’il devienne le premier membre associé de l’Union européenne ». Une offre à laquelle le Premier ministre Mark Carney, présent à Strasbourg, répondra certainement jeudi dans son discours au Parlement.
Pour lutter contre le changement climatique, elle a évoqué un « plan européen de lutte contre les vagues de chaleur ». Quant à l’IA, « en novembre nous annoncerons des initiatives qui changeront la donne » dans les domaines de la santé, de la défense ou encore des transports, a-t-elle promis. Il lui reste deux ans et demi jusqu’aux prochaines élections européennes pour passer des promesses aux actes.


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