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CHRONIQUE - Dans Le Saccage de la beauté (Fayard), l’essayiste Jonathan Siksou s’attaque avec brio au renoncement à l’esthétique qui gagne toutes les strates de la société.
On connaît le vers de Rimbaud : « Un soir, j’ai assis la Beauté sur mes genoux. – Et je l’ai trouvée amère. – Et je l’ai injuriée. » La provocation de l’insurgé poétique supposait encore une confrontation passionnée avec la Beauté. Aujourd’hui, elle nous indiffère. Le Beau est devenu un privilège pour les classes supérieures (et encore : comme l’écrivait Nicolas Gomez Davila, « la seule différence entre les riches et les pauvres, aujourd’hui, c’est l’argent » : le mauvais goût triomphe jusque dans la bourgeoisie) ou un objet de pèlerinage touristique. Mais il a déserté la vie quotidienne. Du mobilier urbain au négligé vestimentaire, en passant par les zones commerciales, les éoliennes, les tatouages et les tags, l’uniformisation et la laideur gagnent du terrain. « Notre environnement quotidien s’avilit, s’amochit », note Jonathan Siksou dans Le Saccage de la beauté (Fayard), formidable petit livre qui dénonce avec vigueur et esprit un phénomène majeur de notre…


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