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Mojtaba Khamenei a été élu guide suprême dans la nuit du 8 au 9 mars. Succédant à son père, il devient ainsi la plus haute autorité politique et religieuse de la République islamique. Donald Trump avait prévenu : «Le fils de Khamenei est inacceptable à mes yeux».
L’Assemblée des experts a officiellement désigné le successeur de l’ayatollah Ali Khamenei en Iran, tué le 28 février lors de frappes américano-israéliennes. Après 10 jours de guerre, son fils, Mojtaba Khamenei, considéré encore plus radical que son père, a été élu nouveau guide suprême dans la nuit du dimanche 8 au lundi 9 mars, devenant ainsi la plus haute autorité politique et religieuse de la République islamique.
Alors que les frappes américaines et israéliennes continuent de faire rage au Moyen-Orient, un responsable régional proche de Téhéran a déclaré à Reuters ce lundi 9 mars : « Le monde regrettera l’ère de son père. » La classe politique internationale n’a pas tardé à réagir, révélant de profondes divisions face à cette nomination.
États-Unis
«Le fils de Khamenei est inacceptable à mes yeux», avait affirmé le président américain Donald Trump avant même l’élection de Mojtaba Khamenei le 5 mars 2026. Dans un entretien accordé dimanche 8 mars à ABC News, le président américain a déclaré vouloir avoir son mot à dire sur le dirigeant iranien appelé à gouverner une fois la guerre terminée. Il a averti qu’un chef choisi sans l’aval de Washington «ne resterait pas longtemps en place».
«S’il n’obtient pas notre approbation, il ne restera pas longtemps au pouvoir. Nous voulons éviter d’avoir à revenir sur cette décision tous les dix ans», a-t-il ajouté, soulignant que la fin de la guerre serait une décision «mutuelle» avec le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou. Interrogé par le Times of Israel après l’annonce de la nomination du nouveau guide suprême, Donald Trump s’est toutefois montré plus évasif : «Nous verrons ce qui se passera», s’est-il contenté de déclarer.
Pour Alex Vatanka, chercheur au Middle East Institute, cette succession constitue un revers symbolique pour Washington. «C’est une grande humiliation pour les États-Unis de mener une opération de cette ampleur, de prendre autant de risques et de finir par tuer un homme de 86 ans, pour ensuite le voir remplacé par son fils extrémiste», a-t-il estimé auprès de Reuters . À Téhéran, le chef du Conseil suprême de sécurité nationale, Ali Larijani, a également jugé que cette nomination avait provoqué le «désespoir» des États-Unis et d’Israël. La décision de l’Assemblée des experts «a réduit au désespoir les ennemis hostiles et bellicistes», a-t-il écrit sur X.
Israël
Avant même la désignation de Mojtaba Khamenei, Israël avait également prévenu que tout nouveau guide suprême resterait «une cible» tant que l’Iran poursuivrait ses politiques hostiles. Dans la soirée du 9 mars, l’armée israélienne a annoncé avoir lancé une vague de frappes visant «l’infrastructure du régime» dans le centre de l’Iran, première réaction militaire après l’annonce de la succession.
France
La France poursuit pour sa part le déploiement de ses forces aux côtés de ses partenaires européens au Moyen-Orient. Le porte-avions Charles-de-Gaulle se trouvant en Méditerranée depuis vendredi. Le président Emmanuel Macron insiste sur le caractère préventif de ce dispositif, affirmant sur Instagram le 6 mars que «la France n’est pas en guerre».
Le ministre des Affaires étrangères Jean‑Noël Barrot a toutefois réagi lundi à la nomination du nouveau guide suprême, estimant que les autorités iraniennes devaient «consentir des concessions majeures et un changement radical de posture». L’Iran doit «mettre fin à ces actions de déstabilisation dangereuses pour la région et pour nous-mêmes, et rendre aux Iraniens les clés de leur avenir», a-t-il déclaré sur France Inter.
Chine
À l’inverse Pékin, s’est opposé à toute action étrangère visant le nouveau dirigeant iranien, soulignant qu’il s’agissait d’une affaire intérieure. «La Chine s’oppose à toute ingérence dans les affaires intérieures d’autres pays, sous quelque prétexte que ce soit, et la souveraineté, la sécurité et l’intégrité territoriale de l’Iran doivent être respectées», a déclaré le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Guo Jiakun. Selon lui, «il s’agit d’une décision prise par la partie iranienne conformément à sa Constitution».
La Chine a également réitéré ses critiques à l’égard des opérations militaires américaines et israéliennes et de la mort de l’ayatollah Ali Khamenei. «Nous appelons les parties à cesser immédiatement les opérations militaires, à reprendre le dialogue et les négociations dès que possible et à éviter toute nouvelle escalade», a ajouté Pékin.
Russie
Le président russe Vladimir Poutine a assuré le nouveau guide suprême iranien de son «soutien indéfectible». «Je tiens à réaffirmer notre solidarité avec nos amis iraniens», a écrit le chef du Kremlin dans un message adressé à Mojtaba Khamenei. Il a ajouté que «la Russie a été et restera un partenaire fiable de l’Iran» et s’est dit convaincu que le nouveau guide poursuivrait l’œuvre de son père «avec honneur», en unissant le peuple iranien «face à de graves épreuves».
Iran
En Iran, la classe politique s’est largement rangée derrière le nouveau dirigeant. «Nous obéirons au commandant en chef jusqu’à la dernière goutte de notre sang», a déclaré le conseil de défense dans un communiqué. Le chef du pouvoir judiciaire Gholamhossein Mohseni Ejei a salué une décision «source de joie et d’espoir». Le dignitaire religieux Sadeq Amoli Larijani a quant à lui décrit cette nomination comme «un baume pour la souffrance spirituelle de notre peuple» et une invitation à poursuivre «le chemin lumineux du défunt Imam», en référence à son père. Le président du Parlement Mohammad‑Bagher Ghalibaf a lui aussi félicité le nouveau guide suprême dans un message publié sur X.
Dans la rue, en revanche, la société iranienne apparaît plus divisée. Des milliers de personnes se sont rassemblées lundi sur la place Enghelab, au cœur de Téhéran, pour prêter allégeance à Mojtaba Khamenei, brandissant drapeaux iraniens et portraits du nouveau dirigeant. Mais dans plusieurs quartiers de la capitale, des slogans hostiles au nouveau guide suprême ont également été entendus dans la nuit suivant son élection.
De leurs côtés, les Corps des gardiens de la révolution islamique ont publié un communiqué affirmant leur soutien au nouveau dirigeant. Le mouvement libanais Hezbollah, allié de Téhéran, a lui aussi salué sa nomination.
Irak
En Irak, plusieurs factions armées pro-iraniennes ont également salué la nomination du nouveau guide suprême. Ces groupes y voient un symbole de continuité pour la République islamique, engagée dans une confrontation militaire directe avec les États-Unis et Israël.
Yémen
Les rebelles houthis du Yémen, soutenus par Téhéran, ont salué dans la nuit de dimanche à lundi la désignation de Mojtaba Khamenei, la qualifiant de «coup dur pour les ennemis de la République islamique». «Le choix de Mojtaba Khamenei à ce stade critique et sensible de l’histoire de la nation représente une nouvelle victoire pour la Révolution islamique et un coup dur pour les ennemis de la République islamique et les ennemis de la nation», ont écrit les Houthis sur leur chaîne Telegram.


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