Selon une récente étude britannique, les ours polaires du nord du Groenland et ceux du sud-est plus chaud n’ont plus la même expression de leurs gènes. Il est ici question d’une sous-population d’ours polaires qui se distingue désormais en s’adaptant à un environnement changeant. Pour les chercheurs, cette découverte est synonyme d’espoir.
Une colonie isolée vivant dans une zone plus chaude
Depuis les années 2000, l’ours polaire (Ursus maritimus) est un symbole majeur du réchauffement climatique et de la fonte des glaces. L’animal a été popularisé dans ce sens, suite à la parution de preuves scientifiques de la réduction de son habitat (la banquise) et surtout, d’impressionnantes images de spécimens très amaigris. Et si l’ours polaire en danger d’extinction commençait lui aussi à s’adapter au réchauffement climatique ? Cette théorie est celle de chercheurs de l’Université d’East Anglia (Royaume-Uni), dont la dernière étude a fait l’objet d’une parution dans la revue Mobile DNA le 12 décembre 2025.
Selon les auteurs, des changements dans l’expression des gènes de ces animaux seraient susceptibles de les aider à s’adapter à des climats plus chauds. L’étude en question est la première à établir un lien significatif entre l’augmentation des températures et des modifications au niveau de l’ADN chez des mammifères sauvages. Or, le fait qu’il s’agisse ici de l’ours polaire n’est pas anodin, dans la mesure où selon certaines prévisions, les deux tiers des spécimens actuels pourraient disparaitre d’ici 2050.
Dans les faits, les scientifiques ont mentionné la découverte d’une sous-population d’Ursus maritimus dans le sud-est du Groenland. Il est question d’une colonie isolée dans une zone climatique plus chaude correspondant aux futurs habitats de tous les membres de cette espèce. Les chercheurs ont réalisé des analyses génomiques des ours vivant dans cette fameuse zone, avant de les comparer à des échantillons provenant d’ours vivant bien plus au nord. Les résultats ont démontré la présence d’éléments transposables (ou gènes sauteurs) dans le sang des ours du sud-est du Groenland.
Crédit : Mario_Hoppmann / iStock
Ne pas crier victoire trop rapidement
Pour rappel, les éléments transposables sont des séquences d’ADN mobiles capables de se déplacer, se copier ou s’insérer ailleurs dans un génome, agissant comme des moteurs d’évolution. Ceux-ci introduisent de la variation génétique mais peuvent également parfois causer des mutations et des maladies. Ici, les ours bénéficieraient de ce coup de main pour s’adapter à un environnement en pleine évolution. Or, il n’est pas simplement question de climat mais aussi de régime alimentaire, en lien avec la gestion de la graisse. Selon les auteurs de l’étude, les ours du sud avaient un régime alimentaire à base de plantes moins gras que celui à base de phoques des ours du nord.
« Pris dans leur ensemble, nos résultats suggèrent que l’activité des éléments transposables chez les ours du sud-est du Groenland est importante et pourrait contribuer à l’expression différentielle des gènes entre les deux populations. », peut-on lire dans l’étude.
Enfin, si les scientifiques estiment que cette découverte redonne de l’espoir en ce qui concerne le maintien de l’espèce Ursus maritimus, il est important de ne pas crier victoire trop vite. En effet, les auteurs ont indiqué que la possibilité que tous les ours polaires puissent un jour s’adapter à un climat plus chaud ne signifie pas pour autant une mise à l’abri totale de l’espèce. Autrement dit, les efforts en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre doivent se poursuivre à l’échelle globale, afin de d’éviter une hausse trop importante des températures. Pour les chercheurs britanniques, la prochaine étape consistera à analyser des échantillons d’autres populations d’ours polaires et vérifier si d’autres changement génomiques se sont déjà produits.


5 month_ago
94



























.jpg)






French (CA)