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Plus de 50 ans après la fin du programme Apollo, quatre astronautes s’apprêtent à reprendre le chemin de la Lune. Un voyage qui, malgré les progrès techniques réalisés depuis, n’a toujours rien d’évident.
Jean-Michel Lahire - Aujourd'hui à 07:00 - Temps de lecture :
Cette fois, c’est la bonne. Sauf problème imprévu, la mission Artémis 2 devrait décoller dans la nuit de ce mercredi 1er avril au jeudi 2 avril. Un événement historique, qui drainera plusieurs centaines de passionnés autour du Centre spatial Kennedy (en Floride) : c’est le premier vol habité vers la Lune depuis l’abandon du programme Apollo au début des années 1970.
En 50 ans, la technologie a progressé de manière radicale. Ce qui n’a pas changé, en revanche, c’est la nécessité de disposer d’une fusée capable de propulser vers la Lune les 26 tonnes du vaisseau Orion. Ce sera le rôle du SLS (Space Launch System), comparable en termes de puissance à la mythique fusée Saturn V du programme Apollo.
Initialement programmé en septembre 2025, le lancement avait dû être reporté à plusieurs reprises à la suite de problèmes techniques ou de conditions météo défavorables. Largement automatisé, le vaisseau Orion s’est déjà placé en orbite lunaire en novembre 2022, mais sans personne à bord. C’était l’objet de la première mission Artémis.
Moteur européen pour se propulser vers la Lune
Pour cette deuxième mission, la Nasa s’apprête à rééditer l’exploit mais avec quatre astronautes à bord : trois Américains (Reid Wiseman, Victor Glover et Christina Koch) et un Canadien (Jeremy Hansen). Ils effectueront d’abord deux fois le tour de notre planète, le temps de réaliser un certain nombre de vérifications. La poussée ultime vers la Lune se fera au moyen du module de service du vaisseau Orion, conçu par l’Agence spatiale européenne (ESA). Le transit vers notre satellite devrait durer environ quatre jours. À plus de 400 000 km de la Terre, Orion survolera la Lune en cartographiant sa surface. Ses occupants battront au passage le record du voyage spatial habité le plus lointain - toujours détenu par les astronautes d’Apollo 13 depuis 1970. La mission devrait durer 10 jours, avec un amerrissage prévu dans l’océan Pacifique.
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Rentrée atmosphérique à 40 000 km/h
Depuis plus de 50 ans, toutes les missions habitées se sont contentées de rester dans la proche banlieue de notre planète. La Station spatiale internationale (ISS) ne se trouve qu’à environ 400 km au-dessus de nos têtes. La Lune est une destination autrement plus lointaine, dont l’orbite autour de notre planète oscille entre 360 000 et 400 000 km. L’atteindre nécessite une poussée beaucoup plus forte que pour ravitailler l’ISS. Elle implique également des vitesses plus élevées : lors de son retour sur Terre, le vaisseau Orion entrera dans l’atmosphère à la vitesse vertigineuse de 40 000 km/h. Son bouclier thermique est le plus performant jamais conçu, capable de résister à des températures de l’ordre de 2 800 °C.
Cette mission marque une étape cruciale du programme lunaire Artémis - lancé par Donald Trump lors de son premier mandat. À l’origine conçu comme un galop d’essai avant la conquête de Mars, Artémis a beaucoup évolué ces dernières années. Alors que la conception des atterrisseurs lunaires Starship de SpaceX et Blue Moon de Blue Origin prennent plus de temps que prévu, la Nasa a renoncé à envoyer des astronautes à la surface de la Lune lors de la mission Artémis 3. Prévue pour 2027, cette dernière devrait surtout permettre d’effectuer en orbite terrestre une sorte de répétition générale. Il s’agira notamment de peaufiner les techniques de rendez-vous orbital, qui permettront de transférer les astronautes entre le vaisseau Orion et l’atterrisseur. Le premier alunissage n’est pas prévu avant la mission Artémis 4, à l’horizon 2028 - l’objectif à terme de l’agence américaine étant d’établir une base lunaire au niveau du pôle Sud, riche en ressources.
Le décollage du SLS est prévu à 0 h 24 (heure de Paris) dans la nuit de mercredi à jeudi. Il sera retransmis en direct sur la chaîne YouTube de la Nasa.


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