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Le petit village du sud de la Baie-des-Chaleurs souhaite mieux encadrer cette activité qui attire des gens de partout en Gaspésie et même d’autres régions.
Le nouveau maire d’Escuminac et ancien député de Bonaventure, Sylvain Roy, qui n’a jamais caché son amour de la pêche sportive, veut donner un nouvel élan à cette activité hivernale traditionnelle.
Ce n'est pas la première fois qu'Escuminac veut mieux encadrer cette pêche. Des espaces de stationnement ont été aménagés et un comité de bénévoles avait été mis en place pour guider les pêcheurs et assurer leur sécurité. Ç'a été laissé un peu à l’abandon, un peu par désintérêt, estime le nouveau maire.
Même si elle ne gèle plus entièrement, la baie d’Escuminac, dans le secteur de Pointe-à-la-Garde, reste un des endroits privilégiés en Gaspésie pour la pêche d’hiver à l’éperlan. La pêche est une activité extrêmement dynamique. On a des gens de Matane, des gens de Chandler qui viennent passer la journée sur la banquise, fait valoir M. Roy.
Le maire souligne, en s'appuyant sur les recherches doctorales de l'océanographe et humoriste Boucar Diouf (nouvelle fenêtre), que le goût de l’éperlan, qui est déjà un poisson très savoureux, s’améliore lorsque le poisson gèle sur la banquise. Le poisson prend un petit goût d’amande, plus sucré, indique Sylvain Roy.
Pour mieux structurer la pêche blanche à l’éperlan, le maire souhaite entre autres ajouter des services et en faciliter l’accès. Déjà, la route d’accès a été municipalisée, un stationnement est disponible. Le maire croit que des services de restauration ou de vente de produits pour la pêche pourraient aussi à terme être ajoutés dans le secteur.

L’éperlan arc-en-ciel est une espèce anadrome, elle fréquente l’eau douce et l’eau salée. C’est l’espèce cible de la pêche hivernale dans plusieurs régions de la province, comme le Saguenay, la Côte-Nord, la Gaspésie. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Claude Bellemare
Plusieurs autres aspects entourant l’activité pourraient selon lui être améliorés. C’est le cas notamment de la protection de l’environnement. On a des cabanes qui partent à la dérive en hiver, ce qui est inacceptable avec la pollution et tout ça. On veut que les gens prennent leurs responsabilités.
La Municipalité pourrait donc, selon lui, imposer un tarif à l’entrée, lors de l’installation des cabanes, remboursable à la sortie, à la fin de la saison.
Changements climatiques
Les redoux de l’hiver sont par contre devenus une réalité avec laquelle les pêcheurs doivent composer. Les changements climatiques forcent à une certaine adaptation. La banquise a actuellement 10 ou 12 pouces. À l’époque, on voyait une banquise d’un mètre d’épaisseur, observe Sylvain Roy. Il pouvait y avoir alors une centaine de cabanes sur la banquise.
Néanmoins, la technologie s’est améliorée et des tentes plus légères viennent remplacer les cabanes en bois que supporte mal une banquise de plus en plus mince. Selon M. Roy, les cabanes en bois pourraient même être interdites dans les prochaines années.

Des pêcheurs troquent leurs cabanes contre des tentes. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
En attendant, difficile de dire si ce sera une bonne année pour la pêche à l’éperlan. C’est une année normale par rapport à l’année dernière ou l’année d’avant, constate le maire, qui rappelle que ce fut deux années plus difficiles, une sans banquise et l’autre sans poisson.
Enfin, pour ceux qui voudraient aller forer leur trou de pêche à Escuminac, Sylvain Roy rappelle que les pêcheurs doivent être attentifs aux marées et quitter la banquise avant la marée haute.


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