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Par Eric Neuhoff, pour Le Figaro Magazine
Publié le 04/09/2026 à 10h00
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CHRONIQUE - La rentrée littéraire continue d’être une spécificité bien française. Souvent décriée, elle devrait être classée aux Monuments historiques.
La rentrée fait fureur. Elle n’est pas que scolaire. La capitale attend le pape et Céline Dion. Le nouvel Amélie Nothomb est arrivé. À ce détail indubitable, les plus distraits devinent que l’automne n’est pas bien loin. Les écrivains ont toujours adopté des habitudes d’écoliers. Septembre, ce mois qui sent l’encre et le papier, les voit tout fringants. Leur appétit d’ogre continue d’étonner. Ah, ils sont prêts à dévorer la carte de chez Drouant au complet. Avec un estomac d’autruche, ils se préparent à endurer des semaines d’interviews, de signatures, de rendez-vous. Il y en a même qui sont allés chez le coiffeur. D’autres se sont acheté une cravate – on ne sait jamais. Pour certains, il n’y aura que le silence. Cela bombe le torse, se prend pour le nombril du monde. Ils vérifient si leur chef-d’œuvre est en place dans les vitrines.
À l’horizon, les prix se précisent. Avec un peu de chance, un brin de talent, leur ouvrage pourrait s’orner de la divine bande écarlate portant la mention Goncourt


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