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Une épouse et une maîtresse qui se croisent au chevet du même homme, dans la même chambre. C’est ce qui s’est passé à Bonabassem, dans le 1er arrondissement de Douala, où une rixe a éclaté dans une clinique et obligé son promoteur à appeler la gendarmerie. Le patient, lui, a gardé le silence jusqu’au bout. Franchement, difficile de faire plus gênant.
Une visite qui tourne à la bagarre
Christophe Berranger N., 40 ans, technicien supérieur des eaux et forêts, est admis lundi après un malaise. Son épouse, Martine N., passe la nuit près de lui. Le lendemain, elle s’absente pour quelques courses et pour rapporter du linge.
C’est là que tout bascule.
Dans l’après-midi, une jeune femme d’une trentaine d’années, Naomie, entre dans la chambre. Le voisin de lit, un veuf prénommé Polycarpe, la prend d’abord pour une sœur du malade. Erreur. Elle embrasse Christophe sur la bouche, sort yaourts, biscuits, jus et un bouillon encore chaud. Le patient, d’après le récit de Polycarpe, mange avec appétit.
Martine revient, les bras chargés. Elle propose de s’occuper de son mari, l’autre répond qu’elle est la femme de Christophe. Martine réplique que c’est son époux. Elle se tourne vers le concerné : « Christophe, c’est ça ?! » Pas un mot en retour. Il fait semblant de refaire un malaise. Les affaires volent, la sécurité est appelée, puis les forces de l’ordre.
Les deux femmes sont embarquées. Martine est relâchée pour retourner auprès de son mari. Naomie sort de garde à vue le lendemain, mercredi. Selon Martine, l’affaire n’est pas terminée. On ne sait pas encore si une plainte sera déposée.
Le silence d’un homme, et le reste
On rit, on grimace, on s’indigne. Mais derrière l’anecdote, une clinique a dû gérer un conflit conjugal entre ses murs, un autre patient a servi de témoin malgré lui, et deux femmes ont passé du temps en cellule pour une histoire qui ne les concernait pas seules.
Le plus étonnant reste ceci : l’homme au centre de la scène n’a rien dit. Pas une explication, pas un mot pour calmer l’une ou l’autre. À sa décharge, il était malade. Quand même.
Ce genre d’épisode se raconte dans tous les quartiers de Douala, mais il est rare qu’il se déroule devant témoin, avec gendarmes à l’appui. Polycarpe aura eu droit au meilleur spectacle de son séjour.
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Alain-Claude Ndom
Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.


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