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  • Presque tous les récifs coralliens pourraient disparaître d'ici à 50 ans, alerte l'UICN

Selon l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), 96 % des récifs coralliens pourraient disparaître d'ici à 2075 à cause du réchauffement des océans.

La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 14:08 - Temps de lecture :

Les coraux sont des organismes très sensibles à la température de l'eau. Photo Pixabay Les coraux sont des organismes très sensibles à la température de l'eau. Photo Pixabay

La quasi-totalité des récifs coralliens en eaux peu profondes à travers le monde est exposée à un « risque extrêmement élevé » de disparition d'ici 2075 en raison du changement climatique, a averti jeudi l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Dans le cadre de la première évaluation mondiale de ce type, cette autorité internationale de référence sur la faune et la flore menacées, a classé 96 % des récifs coralliens, répartis dans plus de 80 pays et territoires, dans la catégorie « en danger critique d'extinction », soit le niveau de menace le plus élevé défini par l'organisation.

Les coraux, riches écosystèmes qui abritent un quart de toutes les espèces marines, sont sensibles à la chaleur et particulièrement vulnérables au changement climatique, qui entraîne un réchauffement des océans et accroît la fréquence ainsi que l'intensité des épisodes de blanchissement, aux conséquences dévastatrices. « Le risque d'effondrement des récifs coralliens s'intensifie, mais cela doit constituer un signal d'alarme plutôt qu'une source de désespoir », a souligné Mishal Gudka, responsable scientifique de l'évaluation des écosystèmes coralliens pour la Liste rouge de l'UICN. Mishal Gudka rappelle que certains « récifs coralliens ont fait preuve d'une capacité remarquable à se rétablir après des épisodes de blanchissement dévastateurs ».

188 362 kilomètres carrés de récifs menacés

Néanmoins le risque de voir disparaître certains écosystèmes coralliens parmi les plus vastes et les plus riches en biodiversité au monde est réel. Parmi les plus menacés figurent la Grande Barrière de Corail en Australie, le Triangle de corail dans l'océan Pacifique occidental et en Asie du Sud-Est, la barrière de corail mésoaméricaine dans les Caraïbes, ainsi que les récifs coralliens de la mer Rouge.

L'analyse de l'UICN, publiée alors que les gouvernements du monde entier sont réunis à Erevan (Arménie) à l'occasion de la COP17 Biodiversité, a porté sur 127 écosystèmes coralliens tropicaux et subtropicaux, couvrant une superficie de 188 362 kilomètres carrés. Pour cette évaluation, les chercheurs se sont appuyés sur le scénario « intermédiaire » du groupe d'experts de l'ONU sur le climat, qui prévoit une hausse des températures mondiales de 2,7 °C par rapport aux niveaux préindustriels d'ici à 2100.

Mercredi, les Nations unies ont averti que, compte tenu des engagements actuels des différents pays en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, le monde se dirige vers un réchauffement de 2,6 °C au cours de ce siècle. Même si la pollution, la surpêche ou le surtourisme contribuent également à dégrader la santé des coraux, « le stress thermique lié au changement climatique constitue la menace la plus constante à l’origine du déclin des récifs coralliens à l’échelle mondiale », a souligné l’UICN dans un communiqué.

« Il n’est pas trop tard »

Néanmoins « il n’est pas trop tard pour donner aux récifs coralliens une chance de se rétablir, mais cela nécessite une action décisive pour lutter contre les changements climatiques et enrayer le réchauffement des océans », déclare Grethel Aguilar, directrice générale de l’UICN. Lors de cette « fenêtre critique de 50 ans » pour mener des actions de conservation, « nous savons ce qu’il faut faire : des réductions ambitieuses des émissions, des efforts accrus de protection et de restauration, ainsi qu’un investissement soutenu dans des écosystèmes côtiers résilients et dans les communautés qui en dépendent », a souligné la responsable.

À la COP17, les nations discutent pour essayer de sauver un accord historique sur la nature, datant de 2022 et visant à protéger 30 % des terres et des mers mondiales d’ici 2030, mais dont les objectifs deviennent de plus en plus difficiles à atteindre, les gouvernements tardant à mettre en œuvre leurs engagements.

Une étude publiée la semaine dernière dans la revue Nature a révélé qu’en 2020, près de la moitié des espèces de coraux présentaient un « risque relatif élevé d’extinction », le changement climatique étant le principal facteur de ce déclin.

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