La guerre des Etats-Unis et d’Israël contre l’Iran et les frappes de Téhéran contre les infrastructures des pays voisins représentent un test difficile pour la Chine. Premier importateur mondial de pétrole, la Chine voit sa sécurité énergétique menacée par la paralysie du détroit d’Ormuz, par lequel transite, en temps normal, l’essentiel du brut iranien et saoudien. En 2025, Pékin absorbait encore entre 840 000 et 1,38 million de barils par jour en provenance de l’Iran, captant ainsi près de 90% de sa production. Si Téhéran assure sanctuariser les tankers destinés à son allié chinois, seule une poignée d’armateurs prend désormais le risque de s’engager dans ces eaux si dangereuses.
Face aux Etats-Unis, Pékin joue l’équilibriste. La diplomatie chinoise appelle ainsi «toutes les parties à cesser les opérations militaires» et tente de ne pas froisser le président américain. Elle appelle sobrement à «maintenir un haut niveau de dialogue» quand celui-ci décide unilatéralement de repousser sa visite officielle en Chine, initialement prévue à la fin du mois de mars. Alors que la détente commerciale avec Washington ne tient qu’à un fil et que la croissance chinoise donne des signes d’essoufflement, cette guerre au Moyen-Orient a des conséquences bien réelles sur le sol chinois.


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