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Le monde municipal accueille froidement le budget du ministre des Finances, Eric Girard. La mairesse de Sherbrooke se désole de constater que les infrastructures sont, une fois de plus, délaissées par Québec. « On a désespérément besoin d'une contribution additionnelle du gouvernement provincial », affirme Marie-Claude Bibeau.
L’élue constate que le déficit des municipalités en maintien des actifs — routes, aqueducs, assainissement des eaux — ne cesse de croître.
Les besoins sont gigantesques et d'année en année, le gouvernement du Québec n'investit pas suffisamment et se garde de plus en plus d'argent pour ses infrastructures, sa responsabilité au niveau provincial, et en transfère de moins en moins aux municipalités
Dans ce contexte difficile, elle demande à Québec de revoir certaines normes qu’elle considère abusives et mal ciblées, lesquelles obligent les municipalités à investir dans des secteurs qui ne sont pas prioritaires. Par ailleurs, Marie-Claude Bibeau aurait aussi souhaité que des sommes soient injectées dans le transport collectif.

La mairesse de Sherbrooke, Marie-Claude Bibeau
Photo : Radio-Canada / Capture d'écran
Elle salue toutefois certaines mesures, notamment les investissements dans les zones d’innovation au Québec, dont celle de Sherbrooke.
Il y a aussi un peu plus d'argent dans l'enveloppe des infrastructures sportives et de loisirs et des Investissement dans les camps de jour pour les enfants qui vivent avec un handicap. Donc il y a quelques bonnes nouvelles ici et là , ajoute la mairesse.
Le milieu communautaire déçu
Comme le veut la tradition à Sherbrooke, tant lors du budget fédéral que provincial, les organismes communautaires se sont regroupés pour suivre l'allocution du ministre Girard et faire l'analyse de son budget. Des groupes de défense collective des droits, de l'action communautaire autonome, ainsi que des milieux étudiants, syndicaux, féministes et de solidarité internationale partagent la même déception.
Ils réitèrent que le coût de la vie demeure une préoccupation majeure pour les personnes à faible revenu. Or, les organismes communautaires n’ont identifié aucune mesure concrète pour aider les ménages à éponger les hausses du prix de la nourriture, des loyers ou de l'essence.
La bonification du crédit d’impôt pour solidarité aurait pu être une excellente façon de venir donner un petit peu d’air aux ménages, de leur permettre d’aller à l’épicerie, de nourrir leur famille. Malheureusement, on ne retrouve vraiment rien là-dessus dans le budget
Ils ont 1,8 milliard qui était dans le fonds pour l’électrification et les changements climatiques qu'ils n'ont pas trouvé à dépenser et qu’ils vont mettre dans le Fonds des générations. Je pense que pour les générations futures, de faire moins de GES puis d'avoir plus de transport en commun, on serait plus en affaires , renchérit Sylvie Bonin, coordonnatrice de l’Association coopérative d’économie familiale de l’Estrie.
De l’aide pour les banques alimentaires
Le directeur général de Moisson Estrie déplore lui aussi que le budget réserve peu de moyens au milieu communautaire. Toutefois, Christian Bibeau se réjouit de la bonification de l’aide aux banques alimentaires.
Le ministre Girard débloque 21 millions de dollars supplémentaires dès cette année pour augmenter le financement de l’organisme Banques alimentaires du Québec (BAQ). De plus, au moins 40 millions de dollars sur quatre ans seront consacrés à l’entreposage et à la réfrigération adéquate des denrées afin d’éviter les pertes.

Le directeur général de Moisson Estrie, Christian Bibeau.
Photo : Radio-Canada / Guylaine Charette
Les montants sont au rendez-vous, donc ça nous permettra dans la prochaine année de continuer à faire de l'achat de denrées pour répondre aux besoins des organismes communautaires partout dans la région. En Estrie, on va recevoir à peu près 3,5 à 4 % du montant prévu, non pas en argent, mais en denrées. Ce sont des achats qui sont faits à l'échelle provinciale , explique M. Bibeau.
Trop peu pour le logement
Plusieurs organismes dénoncent un manque de soutien flagrant au développement de logements sociaux et abordables. Le directeur du développement pour la Fédération régionale des OSBL d’habitation de la Mauricie et de l’Estrie, Martin Bécotte, déplore que le budget ne prévoie que 1 000 logements abordables pour tout le Québec. Ce nombre est jugé insuffisant, ne répondant même pas aux besoins de la seule ville de Sherbrooke selon lui.

Martin Bécotte est directeur des projets et des partenariats à la Fédération régionale des OBSL d'habitation de la Montérégie et de l'Estrie.
Photo : Radio-Canada / Éric Carbonneau
On parle d'unités de logement abordable et non de logement social. Le diable est dans les détails, mais le logement social, c'est en fonction des revenus des personnes, le logement abordable, c'est en fonction du loyer médian. Pour un 4 et demi à Sherbrooke, on parle de plus de 1000 dollars. Donc les personnes les plus vulnérables ne peuvent pas non plus se payer ces logements-là , souligne-t-il.
Par ailleurs, le milieu communautaire salue l’injection de 91 millions de dollars sur cinq ans pour les maisons d’hébergement destinées aux femmes victimes de violence.


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