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HISTOIRE. Récession, création d’un premier parc industriel, sommet économique prometteur et investissements industriels en dents de scie : les années 1980 ont été riches en rebondissements. Tour d’horizon.
La décennie commence en force avec l’inauguration, à la fin de septembre 1980, du tout premier parc industriel, fruit de cinq années de démarches.
Rappelons que ce parc, accessible par le boulevard Lemire et la rue Saint-Pierre, a pris forme en 1975 avec l’annexion d’une partie du territoire de Grantham-Ouest, approuvée par référendum. La Cité a ensuite acheté 18 750 000 pieds carrés de 11 propriétaires différents avec des emprunts totaux de 1 566 000 $. Le comité des ententes auxiliaires Canada-Québec a pour sa part accordé une enveloppe de 5 M$ pour l’aménagement du parc.[i]
Amtex et Ralston Purina sont les deux premières entreprises à s’y installer.
Meunerie Ralston-Purina, Drummondville, 1980. (Photo : Histoire Drummond, Fonds Photographe Henri Desaulniers; P362_S2_D008-2_P157)À son inauguration, le maire Philippe Bernier n’hésite pas à qualifier le nouveau parc de «plus beau parc industriel du Québec», tel que le rapportait La Parole dans son édition du 1er octobre 1980. Il souhaite alors le voir se remplir rapidement, au point de contribuer à faire de Drummondville une véritable capitale régionale.
Au cours de cette même période, une commission économique régionale se forme dans le but d’assurer la promotion de la région et d’attirer des PME.
«Maintenant que le magasin est ouvert, nous allons orienter nos efforts vers la promotion et la vente, avait laissé entendre le maire Bernier. Une nouvelle commission économique régionale vient d’être mise sur pied, et nous entendons collaborer avec elle pour que son travail produise des dividendes.»
La récession frappe dur
En 1982, la récession frappe durement Drummondville. Un travailleur sur cinq est au chômage et les investissements industriels dépassent à peine les 4 M$. La ville est au plus profond de la crise.
Mais cette année-là marque aussi un tournant décisif dans sa renaissance. En novembre, quelque 300 représentants de tous les secteurs se réunissent à l’occasion d’un mini-sommet économique, une première dans l’histoire de Drummondville. La rencontre devient un véritable élément déclencheur. Elle donne le coup d’envoi à un élan qui, au cours des 30 années suivantes, contribuera à faire de Drummondville l’une des villes les plus dynamiques du Québec.
De fait, dès 1983, les investissements industriels reprennent avec un total de 26 M$. À partir de cette année-là, couronnés par l’implantation de l’entreprise française Soprema, les investissements industriels augmentent constamment pour monter à 76 M$ en 1986 puis 81 M$ en 1989.[ii]
En 1987, le magazine PME titre : «Drummondville, la nouvelle coqueluche des PME» tout en soulignant que son ratio entreprises/population est l’un des plus élevés au Québec.
Usine de Soprema, rue Haggerty, Drummondville, 1983. (Photo : Histoire Drummond, Fonds Pierre Dozois; P184-068300)Record
En 1988, Drummondville franchit un cap historique : les investissements de type industriel dépassent pour la première fois les 100 M$, comparativement à 58 M$ l’année précédente, selon La Parole.
La vente de 29 terrains industriels n’est pas étrangère à la hausse des statistiques.
L’arrivée et l’expansion de plusieurs entreprises jouent également un rôle majeur, notamment Dominion Textile, avec des investissements de plus de 30 M$, Siemens (8 M$), SPG (3 M$) et GTE Sylvania (4 M$).
Le profil socio-économique
La Parole publiait dans son édition du 7 janvier 1988 le profil socio-économique de Drummond/Bois-Francs rédigé par Michel Lefebvre, économiste sénior à la Banque Nationale. On y apprennit que depuis 1984, l’écart défavorable qui sépare le taux de chômage régional avec celui de l’ensemble de la province ne cesse de se rétrécir. La moyenne du taux de chômage des dix premiers mois de 1987 se situe à 11,5 % comparativement à 10,5 % au Québec. «Cette bonne performance est attribuable à la capacité de la région à générer de nouveaux emplois», écrit M. Lefebvre.
En 1986, le taux de création d’emplois s’élève à 6,6 %. Les principaux secteurs responsables de la progression du marché du travail sont la construction et l’industrie manufacturière.
Après les années de crise, Drummondville semble enfin avoir retrouvé le chemin de la croissance.
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[i] La Parole, 1er octobre 1980
[ii] L’histoire économique de Drummondville (1815-2015), Catherine Objois


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