NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Le gouvernement a annoncé lundi vouloir appliquer strictement les droits d’inscription différenciés dans les universités pour les étudiants extracommunautaires. On fait le point.
Y.R. - Aujourd'hui à 20:15 | mis à jour aujourd'hui à 20:15 - Temps de lecture :
L’annonce crée l’agitation dans le supérieur. La France va appliquer strictement les droits d’inscription différenciés dans les universités pour les étudiants extracommunautaires (étudiants étrangers non européens) dès cette année, a annoncé le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, dans un entretien au Parisien publié lundi soir.
Le gouvernement a dévoilé les contours d’un nouveau plan baptisé "Choose France For Higher Education", présenté comme destiné à renforcer l’attractivité de l’enseignement supérieur français. L’un des volets du dispositif ravive des tensions anciennes autour des frais universitaires.
Qui sont les étudiants concernés par les droits différenciés ?
Les droits d’inscription différenciés concernent les étudiants dits extracommunautaires, c’est-à-dire les étudiants étrangers originaires de pays hors Union européenne. Ils se distinguent des étudiants européens, qui bénéficient des mêmes frais d’inscription que les étudiants français. Concrètement, la mesure vise donc une partie des étudiants étrangers, principalement originaires d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique latine.
La France compte plus de 430 000 étudiants étrangers, soit environ 14 % des effectifs de l’enseignement supérieur, selon les données de Campus France pour l’année 2023-2024. Les principaux pays d’origine sont le Maroc, l’Algérie, la Chine, l’Italie et le Sénégal. Instaurés en 2019 dans le cadre de la stratégie "Bienvenue en France", les droits différenciés prévoient des frais plus élevés pour les étudiants extracommunautaires. Vent debout, de nombreuses universités s’étaient engagées à ne pas les appliquer.
Comment ces frais sont-ils appliqués actuellement ?
Dans les faits, leur application a donc toujours été assez inégale. Les universités disposent d’une marge de manœuvre leur permettant d’exonérer jusqu’à 10 % de leurs étudiants des droits d’inscription, selon des critères fixés en conseil d’administration. Selon une analyse de l’agence de presse spécialisée AEF info, en 2023, 42 universités exonéraient totalement les étudiants concernés, tandis que seules 13 appliquaient pleinement ces frais différenciés. Seize autres établissements ne les appliquaient que partiellement.
Ces dérogations reposaient sur plusieurs critères, variables selon les établissements, comme le cursus, le niveau académique, l’appartenance à l’espace francophone - pour les étudiants originaires de pays membres de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) - ou encore l’origine géographique, souvent en faveur des pays les plus défavorisés, selon AEF info.
Selon Philippe Baptiste, seuls environ 10 % des étudiants extracommunautaires paient les frais majorés. Le gouvernement entend ainsi mettre fin à ce qu’il qualifie d’« exonérations massives » accordées par les universités. « Elles seront réservées à des cas très précis », a précisé Philippe Baptiste. Une mesure censée rapporter aux universités environ 250 millions d’euros chaque année lorsqu'elle sera pleinenement effective « d'ici deux ou trois ans ». Dans le détail, la majorité des étudiants concernés seront donc soumis à des droits de 2 895 euros en licence et 3 941 euros en master, contre 178 euros et 254 euros pour les étudiants français et européens. « C'est seulement 30 % du coût de la formation », a insisté le ministre. Il souligne que ces montants restent inférieurs à ceux pratiqués dans d’autres destinations comme le Royaume-Uni ou les États-Unis.
Quelles sont les réactions ?
La mesure a réveillé la colère des organisations étudiantes, inquiètes d’une possible baisse de l’attractivité des établissements français et dénonçant un dispositif jugé discriminatoire. La Fage dénonce notamment un « plan dangereux, discriminant et incohérent », qu’elle décrit comme « une mesure révoltante visant à multiplier par 16 les frais d’inscription universitaires pour les étudiant·es extracommunautaires ». Le syndicat étudiant estime que cette réforme « remet en cause le principe d’universalité d’accès à l’enseignement supérieur et de la recherche ».
De son côté, l’UNEF dénonce un « dispositif xénophobe » qui va « faire exploser la misère chez les étudiant·e·s étranger·ère·s ». Le syndicat affirme que ces derniers comptent parmi les publics les plus précaires, rappelant qu’ils représenteraient 62 % des bénéficiaires des aides d’urgence du Crous. Il estime que le plan « ne vise pas à mieux accueillir les étudiant·e·s étranger·ère·s, mais à sélectionner celles et ceux qui peuvent payer ». La présidente de la Fage, Suzanne Nijdam, a averti auprès de l’AFP : « On se mobilisera autant de fois que nécessaire ».
Cette annonce vient s’ajouter à la suppression des aides personnalisées au logement (APL) pour les étudiants extracommunautaires, inscrite dans le budget 2026 adopté début février. Et alors que le gouvernement a dit en janvier vouloir « engager un travail pour renforcer la sélectivité des étudiants » étrangers accueillis en France.


1 month_ago
44



























.jpg)






French (CA)