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Un enfant de 10 ans est mort sous les balles, sur l’axe Bamenda-Kumbo, et l’homme qui a donné l’ordre de tirer l’assume sans détour. Ngeh Cyprian, alias « General The Only Bro », commandant séparatiste ambazonien, a reconnu avoir ouvert le feu sur un véhicule de transport en commun. Il rejette pourtant toute responsabilité dans ce drame.
Un aveu glaçant capté dans une note vocale
MMI News a obtenu et écouté un enregistrement dans lequel le combattant tente de justifier la fusillade. L’attaque s’est produite aux environs de Bamessing, localité du département de Ndop, dans la région du Nord-Ouest. Des hommes armés seraient sortis des buissons voisins avant d’ouvrir le feu sur le véhicule en mouvement, touchant les pneus et la vitre arrière.
Bilan : un enfant de dix ans tué, un autre grièvement blessé, plusieurs passagers évacués vers les formations sanitaires de Ndop.
Le chef séparatiste affirme avoir tiré avant de découvrir que les occupants du véhicule étaient des civils. Franchement, l’excuse ne tient pas debout. Il accuse le chauffeur de ne pas s’être arrêté après qu’il aurait, selon ses propres mots, dirigé la lumière d’une lampe torche vers le véhicule qui approchait.
Une menace qui plane sur tout un axe routier
Ngeh Cyprian ne s’arrête pas à la justification. Il avertit que les véhicules circulant sur ce tronçon entre 21 heures et 6 heures du matin risquent de subir des attaques similaires. Son argument : des taxis et véhicules privés transporteraient, selon lui, des soldats gouvernementaux dans la zone. Aucune preuve n’a été apportée à ce stade.
Ce n’est pas la première fois que ce commandant et ses hommes sont accusés de viser des civils. Son groupe est associé à une longue série d’exactions dans les villages de Kedjom Ketinguh et de Bamessing, deux localités du Nord-Ouest en proie au conflit depuis près d’une décennie.
Difficile de ne pas y voir une logique dangereuse : faire porter aux victimes la responsabilité du simple fait d’avoir emprunté une route publique. C’est un raisonnement qui, répété assez souvent, finit par normaliser l’impunité.
Cet aveu ravive les craintes autour des attaques délibérées contre les transports civils dans les régions anglophones. Le chiffre fait mal, et la question reste entière : qui protège les usagers de cet axe la nuit ?
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Alain-Claude Ndom
Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.


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