En quelques semaines, trois des plus grandes entreprises de la tech ont publié leurs rapports de durabilité pour l’année 2025. Celui de Microsoft révèle une hausse de 80% de ses émissions réelles depuis 2020, et un bond de 244% de sa consommation électrique sur la même période: l’entreprise consomme désormais autant d’électricité que le Danemark. Mais un chiffre reste absent du document. Selon une analyse de l’ONG Stand.earth, trois centrales à gaz fossile récemment annoncées pour alimenter des data centers pourraient à elles seules doubler l’empreinte carbone des centres de données de Microsoft d’ici à 2028.
Ces trois projets ont été conclus en quelques semaines ce printemps. Un contrat de 7 milliards de dollars avec le pétrolier Chevron au Texas, une centrale à gaz pour un centre de données à Abilene, toujours au Texas, et une troisième en Virginie-Occidentale, dans le comté de Mason, où des habitants se mobilisent déjà contre le bruit, la lumière et les risques pour l’eau potable. Selon l’Environmental Integrity Project, ce dernier projet figure parmi les plus polluants du pays. Ensemble, les trois installations représenteraient 4,75 gigawatts issus du gaz fossile, soit l’équivalent de la consommation de près de 4 millions de foyers américains.
Voir aussi: En vidéo – Pourquoi, même en Suisse, des citoyens s’opposent à la construction de centres de donnéesEt le nucléaire?
Microsoft n’est pas un cas isolé. Google a annoncé une hausse de 37% de sa consommation électrique en un an, et de 18% de ses émissions totales de CO2. Amazon affiche pour sa part une progression de 16% de ses émissions annuelles, à plus de 80 millions de tonnes de CO2 équivalent, et de 34% pour son électricité.
En cause: l’explosion de l’intelligence artificielle générative, gourmande en data centers. Selon un rapport de l’Institut pour l’eau, l’environnement et la santé de l’ONU, publié en juin, ces infrastructures ont consommé 484 térawattheures dans le monde en 2025, presque autant que la production électrique française, un chiffre appelé à doubler d’ici à 2030.
Lire aussi: L’ONU alerte sur l’envolée des impacts environnementaux de l’intelligence artificiellePour toujours plus les alimenter en énergie sans attendre le réseau électrique, les géants de la tech misent sur la solution la plus rapide à construire: le gaz. Environ 39% des nouvelles centrales à gaz construites aux Etats-Unis servent désormais à approvisionner un centre de données, contre 5% un an plus tôt. Le nucléaire et la fusion, souvent promis en communication, restent largement hypothétiques.
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