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Par Loris Boichot, envoyé spécial à Nouméa, Bourail et Moindou (Nouvelle-Calédonie)
Le 10 juillet 2026 à 22h30
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REPORTAGE - Français exilés, Kanaks spoliés, Algériens déportés… Les héritiers de la colonisation pénale fouillent leurs origines et sortent peu à peu des « non-dits », avec la volonté de réconcilier les mémoires, dans un archipel éprouvé par les tensions entre les communautés.
Passer la publicitéEn direction de la Mecque, près de la mosquée, des dizaines de sépultures ont été alignées, cernées de dattiers et de cocotiers. Ce 30 juin, le très respecté Jean-Pierre Taïeb Aïfa pousse la porte du cimetière des Arabes de Bourail, le bastion de la « brousse » de Nouvelle-Calédonie, entre le lagon et les montagnes.
Barbichette blanche et chemise à carreaux, l’ancien maire de la ville, 87 ans, connu de tous dans l’archipel, où on l’appelle « Le Calife », s’avance devant la tombe de Aïfa Laïga Ben Saïd, son père, arrivé par le dernier convoi de bagnards, en 1897. Un peu plus loin repose son grand-père maternel, venu par l’un des premiers bateaux, trente ans plus tôt. « Il a passé cinq mois dans des cages, dans les cales, depuis Toulon », raconte Jean-Pierre Taïeb Aïfa.
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Comme ses aïeux, quelque 30 000 prisonniers du bagne ont été déportés dans l’archipel au XIXe siècle, dont 2000 Algériens. Des colonisés arabes devenus colons sur cette terre du Pacifique, à l’entendre …


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